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Marcel Priollet est un auteur majeur de la littérature populaire dont je vous ai déjà parlé pour de multiples titres.

Après la lecture de deux séries policières des années 40, « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », je me plonge, désormais, dans sa production pour la collection culte « Mon Roman Policier », 1re série, de l’illustre éditeur Ferenczi, datant des années 1920.

Comme je l’ai déjà spécifié pour d’autres titres de ladite collection, Marcel Priollet était un bon « faiseur », entendez par là qu’il savait très bien surfer sur les thèmes, les styles et les contraintes de son époque et de la collection qu’il intégrait.

C’est une nouvelle fois le cas dans le très court roman qui nous concerne aujourd’hui, ou, plutôt, celui-ci étant un des premiers titres de la collection, c’était déjà le cas avec ce très très court roman.

 

LE PUITS QUI PARLE… : Nice. Le carnaval. La comtesse de Brévelines, déguisée en gitane, se trouve aux prises avec un admirateur insistant travesti en Arlequin. Quand minuit sonne, l’amoureux éconduit annonce à la jeune femme qu’à cette heure, son mari qui jouait au Casino de Monte-Carlo doit être mort. Quelques semaines plus tard, la veuve emménage dans sa propriété familiale qui a la réputation d’être hantée. Très vite, la fillette de la comtesse raconte qu’elle entend des voix sortir du puits du parc. Le notaire, ami de la famille, qui se passionne pour les énigmes et les mystères et se prend pour un bon détective, décide de mener son enquête…

 

Effectivement, Marcel Priollet nous livre là un court roman dans la veine de ce qui se faisait à l’époque. Il aborde des thèmes qui étaient très prisés comme le mystère et une touche de sentimental (dont Marcel Priollet était un fervent adepte puisqu’il a écrit un nombre incalculable de textes pour des collections sentimentales).

Par rapport aux autres titres dont je vous ai déjà parlé, celui-ci s’étale sur 48 pages là où les autres le font sur 32 pages.

Plus d’espace, ce qui permet à l’auteur de mieux s’épandre et au lecteur de plus s’éprendre, d’une histoire, d’une plume, de personnages.

Car, si Marcel Priollet savait mener sa barque sur 32 pages, comme il nous l’a déjà montré, il excelle d’autant plus si on lui laisse un peu plus de marge.

C’est donc le cas dans ce titre puisqu’au lieu des 10 000 mots, des titres suivants de la collection, l’auteur peut user de 17 000 pour ce roman-ci.

Mais l’auteur nous livre une pointe d’humour, ce qui n’était pas forcément le cas dans les autres titres de l’auteur issu de la fameuse collection, avec le personnage du vieux notaire (un vieillard qui n’a qu’une soixantaine d’années !!! Ce n’est pas une façon de parler puisque, aussi surprenant que cela puisse paraître, d’après les chiffres trouvés, l’espérance de vie des hommes en 1920 était de 52 ans) qui se prend pour Sherlock Holmes à tel point que cela devient pour lui une obsession de trouver le nœud de l’énigme.

Au final, un court roman agréable à lire pour peu que l’on apprécie le style et les sujets de l’époque.