TA11

« Le tango rouge » est le 11e épisode de la série « Thérèse Arnaud » initialement éditée au milieu des années 1930. Elle conte les aventures de Thérèse Arnaud, alias l’Agent C. 25, la meilleure espionne du 2e Bureau, lors de la Première Guerre mondiale.

Le personnage est né de la plume de l’énigmatique Pierre Yrondy dont on ne sait grand-chose si ce n’est qu’il est également l’auteur d’une autre série, policière, celle-ci : « Marius Pégomas ».

Les deux séries ont en commun un style, l’humour et un formatage (fascicules 32 pages double colonnes, soit dans les 15 000 mots par épisodes).

Thérèse Arnaud est toujours secondée par des hommes de confiance : Malabar le costaud de la bande, Languille, le gymnaste filiforme, Friquet, le malin petit titi parisien et Marcel, le scientifique.

LE TANGO ROUGE

Première Guerre mondiale !

Le siège de l’État-Major du général Joffre est en ébullition. Depuis quelque temps, des documents secrets disparaissent mystérieusement du coffre-fort. Pas d’effraction, pas d’empreinte, personne n’a pu pénétrer dans la pièce…

Après une enquête inaboutie, le capitaine Ladoux du 2e Bureau décide de confier l’affaire à son meilleur homme qui se trouve être une femme, Thérèse ARNAUD alias C. 25.

Sous couvertures, elle et ses compagnons infiltrent l’État-Major et ses alentours afin de débusquer l’habile espion.

Bientôt, Thérèse ARNAUD constate l’attitude très étrange de deux sous-lieutenants que tout semble accuser bien qu’elle soit convaincue de leur innocence.

Un peu moins grand-guignolesque que l’épisode précédent très « théâtre de boulevard », ce onzième épisode est plus centré sur une enquête afin de déterminer qui et comment sont volés des documents secrets dans un coffre-fort de l’État-Major sans qu’il y ait effraction, alors que les mots de passe changent régulièrement, sans que personne n’ait pénétré ni ne soit sorti du bureau...

Pou ce faire, Thérèse Arnaud se fait passer pour la fiancée de Malabar qui, lui-même, infiltrera l’État-Major sous couverture. Très vite, ils se rendent compte du comportement suspect de deux sous-lieutenants qui sortent la nuit de l’hôtel, semblant se suivre l’un l’autre et disparaissant dans la nature.

Mais, comme Thérèse Arnaud ne se fie jamais aux apparences et aux évidences, elle va chercher ailleurs les réponses.

Enquête, filatures, réflexions, recherches, infiltrations, déductions... Pierre Yrondy dans le cadre d’une aventure d’espionnage nous livre une réelle histoire policière avec tous les éléments que comportent, à l’époque, les ouvrages de ce genre.

Évidemment, l’auteur nous offre, en plus, de l’humour (qui est sa marque de fabrique), mais plus légèrement que dans l’épisode précédent et surtout un humour moins de situations que plus commun avec les autres épisodes de la série, c’est-à-dire dépendant beaucoup du personnage de Friquet et de ses attitudes ou réparties.

Pour ce qui est du reste, l’auteur est fidèle à lui-même et à son style en proposant régulièrement des phrases sans verbes ou avec verbes à l’infinitif, afin de rythmer certains passages, ainsi que des majuscules pour appuyer sur les réflexions importantes de ses personnages (tout comme il le fera un peu plus tard avec Marius Pégomas).

Question histoire, se concentrant un peu plus sur l’intrigue et la réflexion, cet épisode est moins dévoué à l’action et le rythme s’en ressent un peu. Ce qu’il gagne d’un côté, il le perd alors de l’autre, sans pour autant que cela soit rédhibitoire.

Pour autant, l’ensemble demeure agréable à lire et offre un léger changement d’ambiance avec les autres épisodes par son côté plus « polar ».

Au final, un épisode lorgnant du côté policier qui n’est jamais tellement éloigné du genre « espionnage » et dont le rythme est un peu moindre que celui d’un pur roman d’aventures et d’espionnages.