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Que pourrais-je vous dire de plus sur José Moselli, un auteur de littérature populaire aussi culte qu’oublié de nos jours, que je n’ai déjà dit au fur de mes lectures et des rééditions des nombreuses et longues aventures que l’auteur a proposées aux lecteurs du début du XXe siècle ???

Pas grand-chose si ce n’est que cet auteur est absolument à redécouvrir, que ce soit pour ses quelques romans dont l’excellentissime « La momie rouge » que pour ses nombreuses séries.

Pour les premiers comme pour les derniers, je ne m’intéresserai qu’à la part policière de la production de l’auteur, mais celui-ci s’est également illustré dans d’autres domaines dont « Science-Fiction » et « Aventures » bien que ses textes policiers soient, eux aussi, très empreints du genre « aventure », et ce pour la bonne raison que la première vie de l’auteur fût mouvementée, ayant embarqué dès 13 ans comme moussaillon et ayant bourlingué sur les mers et les océans du monde...

Le baron Cesare Stromboli est un personnage de gentleman cambrioleur, surnommé le « gentilhomme international » créé par José Moselli en 1912.

Ses aventures parurent dans le magazine jeunesse L’Inédit entre le n° 26 du 7 novembre 1912 au n° 64 du 30 septembre 1913. Le feuilleton est composé de 8 histoires, ce qui confère à l’ensemble l’aspect de « petite production » ce qui, il faut bien l’avouer, fait presque figure d’exception dans la bibliographie de l’auteur.

Ces 8 aventures s’étalent sur un peu moins de 80 000 mots, ce qui semble laisser penser qu’elles n’ont pas rencontré le succès que pouvaient avoir les autres séries de l’auteur.

Pour autant, celles-ci ont été rééditées, comme nombre de séries de l’auteur, dans la « Collection d’Aventures » des éditions Offenstadt en 1916-1917 sous forme de deux recueils, « Le baron Stromboli » et « Le million de la tour Julius », n° 33 et 34 de la collection.

Le baron Cesare Stromboli est un gentleman cambrioleur dans la lignée du célèbre Arsène Lupin, mais également, et surtout, dans celle de John Strobbins, autre personnage créé par Moselli peu avant.

Naviguant dans la haute société, il n’hésite pas à voler ses prochains du moment qu’ils sont riches et que leur moralité laisse à désirer.

En parallèle, le baron Stromboli n’hésite pas à jouer les justiciers.

Pour ce faire, il bénéficie de moyens immenses et de nombreux hommes de main.

L’homme n’hésite jamais à voyager, à se grimer et à risquer sa vie.

Ainsi décrit, le baron Stromboli ne semble pas différencier beaucoup du personnage de John Strobbins, né de la plume du même auteur l’année précédente et dont les aventures se poursuivront en même temps que celles de son homologue.

Et, il est vrai que les deux personnages sont très semblables, tant dans les moyens déployés que par les motivations de chacun. La seule différence résiderait alors dans le statut social, John Strobbins semblant plutôt issu de la plus basse classe.

De là à penser que l’auteur à juste créer un autre personnage pour développer une autre série dans un autre magazine (John Strobbins vécu ses aventures au sein du magazine L’Épatant) il n’y a qu’un pas. D’autant que José Moselli semble avoir fait de même avec un autre personnage, « Iko Terouka » (1919 à 1935 au sein du magazine « Le Petit Illustré ») qu’il a « cloné » pour créer celui de « M. Dupont, détective » (pour le magazine « Cri Cri » de 1935 à 1937).

Là encore, les différences entre les deux personnages sont minimes. Le premier est japonais, comme l’indique son nom, le second français, comme l’indique encore plus son patronyme. Le premier travaille seul, le second est souvent épaulé par son jeune domestique et ami noir, Koufo. Les deux sont intelligents, courageux, perspicaces, parlent plusieurs langues, voyagent dans le monde entier, pratiquent le Jiu-Jitsu et, surtout, sont toujours aidés par la chance.

Mais revenons-en au baron Cesare Stromboli dont on ignore le véritable nom, puisqu’il est clairement énoncé que celui-ci a été choisir par le personnage au moment où il force l’Empereur Othon II de Poméranie à l’anoblir et lui offrir le titre de baron, dans le tout premier épisode de la série.

Alors, le personnage Conrad Lauser, mais c’est sans nul doute un pseudonyme emprunté afin d’approcher l’Empereur.

Après ce premier court épisode éponyme (« Le baron Stromboli ») suit un second, un peu plus long, dans lequel le baron va voler « L’émeraude de Rurik le Rouss » au nez et à la barbe des soldats russes chargés de le protéger après qu’il ait fait savoir à son propriétaire qu’il allait lui dérober.

Les deux premiers épisodes cumulés dépassent à peine les 10 000 mots, la taille usuelle d’un fascicule de 32 pages.

Dans le troisième épisode, le baron Stromboli va voler « L’or du Mongolia », pas moins de 4 tonnes, sans que la police découvre comment il s’y est pris.

Vient alors un quatrième épisode qui sonne comme une vengeance personnelle puisque le Baron Stromboli va réclamer des comptes et de l’argent à un spéculateur, William Hacksmill qui lui a fait perdre de l’argent en bourse. Celui-ci refusant, le baron Stromboli va mener sa vengeance à bien en volant « Les diamants de William Hacksmill ».

Là encore, les deux épisodes cumulés offrent une lecture relativement courte puisqu’ils effleurent les 11 500 mots.

Par la suite, les quatre autres épisodes dépasseront les 10 000 mots.

Que ce soit le cinquième dans lequel le baron Stromboli va dénoncer « L’espion de Trieste » pour sauver de la prison une jeune cantatrice italienne injustement inculpée de trahison pour s’être refusée au directeur de l’Arsenal où ont été « volés » les documents et l’archiduc.

Cet épisode dépasse les 17 000 mots.

Dans le sixième, le baron Stromboli va voler, au nez et à la barbe des Allemands, « Le million de la tour Julius », une forteresse allemande imprenable abritant le trésor de guerre.

Pour ce faire, le baron Stromboli n’aura pas tout à fait besoin des 10 000 mots (à quelques mots près).

Pour sa septième aventure, le baron Stromboli convoite une magnifique statuette représentant Orphée jouant de la harpe. Ce joyau est dévoilé sur le somptueux yacht Orphéus d’un richissime anglais.

Mais, après s’être emparé de la statuette, il va être contraint de sauver la fille du volé de la tempête et se retrouver aux mains des douaniers. Stromboli bénéficiera d’un peu plus de 14 000 mots pour se sortir des griffes de la justice.

Et, enfin, le baron Stromboli vivra une dernière aventure d’un peu moins de 13 000 mots dans laquelle il sera pourtant très peu présent, mais qui le verra sauver une jeune femme d’un terrible piège alors qu’il ne venait que pour voler des tableaux.

Au final, les aventures du baron Stromboli plairont à tous ceux qui ont apprécié les autres séries de l’auteur tant on y retrouve sa plume trempée dans les voyages et les aventures.