9782081420250

Aurel Timescu est un personnage né de la plume de Jean-Christophe Rufin que j’ai découvert dans sa première enquête dans « Le suspendu de Conakry » sur lequel je m’étais penché après avoir lu, à propos de ce roman, une critique dithyrambique.

Je m’étais alors lancé à la découverte de cet étrange consul de France d’origine roumaine et qui n’a de goût que pour les mystères et le vin blanc.

Je terminais cette lecture, dubitatif. Non pas que le livre m’ait déplu, pas non plus parce que je n’avais pas apprécié le personnage, ni même parce que j’avais émis des doutes sur la plume de l’auteur ou sur ses compétences en matière de monde diplomatique.

Pour ce qui est des connaissances autour de la Diplomatie, l’auteur a indéniablement les connaissances nécessaires puisqu’ancien diplomate lui-même.

Pour le style, plutôt agréable, fluide, avec une pointe d’humour.

Le personnage : original, attachant, étrange, complexe, très intéressant.

Restait donc un doute quant au roman dans sa globalité. Doute léger, mais doute tout de même, celui qui empêche un roman de franchir le cap qui le mène de « bon roman » à « excellent roman ».

Aussi, à peine cet ouvrage refermé, je me précipitais sur la suite pour parfaire mon avis afin de savoir ce par quoi, dans mon esprit, le roman péchait.

Et le roman suivant est, vous vous en doutez : « Les trois femmes du consul ».

Les trois femmes du consul :

À Maputo, capitale du Mozambique, aucun client n’ose s’aventurer à l’hôtel dos Camaroes, malgré son jardin luxuriant. C’est que le patron est un vieux Blanc au caractère impossible. Aussi quand on le retrouve mort un matin, flottant dans sa piscine, nul ne s’en émeut.
Sauf Aurel Timescu, roumain d’origine, Consul adjoint à l’ambassade de France. Calamiteux diplomate, c’est un redoutable enquêteur quand il pressent une injustice.
Trois femmes gravitent autour du défunt. C’est vers l’une d’entre elles que se dirigent arbitrairement les soupçons de la police. Pour démontrer son innocence, le Consul va devoir entrer dans la complexité de relations où se mêlent l’amour, la chair et l’intérêt.
Avec sa méthode intuitive et ses tenues loufoques, Aurel va s’enfoncer plus loin que quiconque dans ces passions africaines. Jusqu’à débusquer le « gros coup ». Celui qui a coûté la vie au vieil hôtelier.
Et qui nous plonge dans un des plus grands drames écologiques de la planète.

Aurel Timescu, consul de France d’origine roumaine, a été muté à Maputo, au Mozambique, ancienne colonie portugaise.

À son arrivée, le temps de trouver un logement, il vivait à l’hôtel dos Camaores, tenu par le vieux et irascible Roger Béliot.

Quelques mois plus tard, Béliot est retrouvé mort dans sa piscine, avec des marques de coups et de liens sur le corps.

La police arrête rapidement l’ex-femme de la victime, une Française débarquée récemment pour réclamer sa part de l’hôtel.

Aurel Timescu, chargé de rencontrer cette ressortissante française en prison et très excité par l’impression qu’un mystère se cache derrière ce meurtre, va alors se lancer à corps perdu dans l’enquête afin d’innocenter la Française. Mais ses investigations démontrent rapidement que Roger Béliot, malgré son caractère et son âge, semblait déclencher les passions féminines puisqu’il était également marié avec une Mozambicaine et vivait, ces derniers temps, avec une jeune femme qui était enceinte de lui...

Le lecteur retrouve donc Aurel Timescu dans un nouveau poste, un nouveau pays et face à un nouveau meurtre. L’occasion est donc donnée de vérifier les capacités d’enquêteur qu’est Aurel Timescu, mais c’est là que le bât blesse.

Un enquêteur atypique est forcément un atout, mais encore faut-il que l’atypisme de celui-ci serve l’enquête et lui procure des capacités spécifiques qu’il mettra en œuvre pour parvenir à ses fins.

Mais quand les particularités de l’enquêteur ne lui servent pas, alors...

C’était, je m’en rends compte, ce qui m’avait dérangé dans le premier roman, c’est que l’atypisme de Timescu serve trop peu l’enquête. Pourtant, quand celui-ci mettait sa sensibilité au service de l’enquête, le roman devenait très prenant. Mais cette partie du roman était trop courte pour parvenir à rendre le roman excellent.

Dans « Les trois femmes du consul », l’auteur renforce les travers de Timescu, notamment sa propension à décevoir ses supérieurs pour qu’on ne lui confie aucune tâche, et continuer à buller dans son coin.

Il faut bien avouer que ce côté peu noble du personnage le dessert quelque peu et on s’attend alors, en contrepartie, que ses qualités d’investigations soient d’autant plus mises en avant. Mais ce n’est pas le cas. Pas du tout. C’est même moins le cas que dans le premier roman.

Du coup, plus de défauts, moins de qualités, le roman bascule du mauvais côté de la jauge. Non pas mauvais, car Aurel Timescu demeure un personnage original et intéressant, mais moins bon que le précédent qui, déjà, ne m’avait pas totalement conquis.

Car il faut bien avouer que non seulement, pour ce coup-là, Aurel Timescu n’est pas très perspicace, mais il l’est encore moins que le lecteur qui a très vite compris la question qu’il fallait poser à l’épouse pour savoir quelle était la dernière personne à avoir rendu visite au défunt.

Au final, un roman pas déplaisant, mais moins bon que le précédent.