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Je découvre l’œuvre d’Alexandre Léoty et son personnage récurrent, le journaliste Gabriel Hadour, un peu dans le désordre.

J’ai fait la connaissance des deux à travers « Le Diable des Pyrénées », la 4e aventure de Gabriel Hadour, me semble-t-il, pour ensuite lire « Les ombres du Midi », la seconde et maintenant « Le tueur du canal », la troisième aventure du personnage.

Alexandre Léoty est né en 1983 et vivant à Villefranche-de-Lauragais, non loin de Toulouse et a suivi une formation en histoire.

Il est l’auteur de plusieurs bouquins sur l’histoire de l’aviation, la gastronomie toulousaine et, surtout quelques romans policiers dont certains mettent en scène le personnage de Gabriel Hadour.

Le tueur du canal :

Occitanie, de nos jours. Qui est ce maniaque qui kidnappe ces pauvres jeunes femmes, les assassine froidement et dépose leurs cadavres sur les passerelles des écluses du canal du Midi ? À quoi riment ces tristes mises en scène, ces dépouilles allongées sous des draps blancs, comme autant de linceuls ? Une fois de plus, le journaliste toulousain Gabriel Hadour se retrouve mêlé bien malgré lui à une affaire sinistre. Mais pour traquer celui que la presse a surnommé « Le tueur du Canal », il n’est pas seul. À ses côtés, la flic bretonne Yuna Klec ’h se bat pour sauver sa petite sœur, qui vient de tomber entre les griffes de l’assassin. Ensemble, ils ont cinq jours, pas un de plus, pour retrouver sa trace, avant que le tueur n’accomplisse sa besogne sanglante. Seront-ils de taille ?

Un mystérieux tueur en série kidnappe des jeunes filles pour déposer, quelques jours plus tard, leurs corps sur une écluse du Canal du Midi. La commissaire toulousaine Pinget, responsable de l’affaire, est retrouvée assassinée, une nuit, à son bureau. Par l’intermédiaire d’un testament placé chez un notaire, elle invite son ami le journaliste Gabriel Hadour, avec qui, par le passé, elle a déjà résolu plusieurs enquêtes, à reprendre l’enquête pour découvrir son assassin et celui des jeunes femmes. Mais Hadour va devoir faire équipe avec une jeune flic bretonne venue sur place, car la dernière fille enlevée est sa jeune sœur. Va s’en suivre alors un jeu de pistes entre les messages énigmatiques laissés par le tueur et ceux provenant de la commissaire Pinget via son notaire…

Je l’ai déjà dit, mais j’en ai un peu soupé des Thrillers à base de tueurs en série, car, au final, on retrouve toujours la même recette puisque les auteurs n’osent pas s’écarter d’une recette qui fonctionne auprès des lecteurs.

Alors, pourquoi m’intéresser à « Le Tueur du Canal » ? Tout simplement parce que j’ai lu deux autres aventures de Hadour.

Mais, pourquoi avoir lu les autres aventures de Hadour, alors ? Tout bêtement parce que celles-ci sont publiées chez T.D.O. Éditions, le petit éditeur qui grandit, que je suis depuis ses débuts et qui est installé non loin de chez moi.

Cet éditeur, spécialisé dans les romans terroirs, s’est ouvert au genre policier (le seul qui m’intéresse) tout en conservant l’aspect terroirs dans les romans. C’est ainsi que les intrigues se déroulent toujours en Occitanie et que les auteurs publiés, pour la plupart (tous ?) sont donc de cette région.

Mais, si j’ai poursuivi ma découverte de la plume de Léoty et des aventures de Gabriel Hadour, c’est bien que ma première lecture m’a plu, malgré des défauts que je pointe chez les autres.

Car, oui, Alexandre Léoty respecte parfaitement les codes du Thriller à succès en mettant à chaque fois en scène un tueur diabolique, mystérieux, un duo d’enquêteurs disparates, des rebondissements nombreux, la surprise du chef et j’en passe et des meilleurs.

En clair, Alexandre Léoty fait tout bien comme les grands (et la grandeur n’est ici que celle des ventes et non pas de la qualité littéraire).

Aussi, je pourrais mettre Alexandre Léoty comme j’ai fini par le faire de Bernard Minier, Franck Thilliez et consorts…

Oui, mais plusieurs raisons font que je suis plus indulgent avec Léoty qu’avec ses confrères plus médiatisés.

Déjà, parce que je suis toujours plus indulgent avec les « petits » qu’avec les « grands ».

Non, ne voyez pas là de la démagogie ou je ne sais quoi d’autre du genre. C’est juste que je considère qu’un écrivain avec une renommée moindre, publié chez un petit éditeur, a moins de moyens, de temps, d’appuis, pour écrire son roman. Du coup, il est normal d’être moins exigeant.

Ensuite, si je suis plus indulgent avec Léoty qu’avec ceux que j’ai cités, c’est aussi parce qu’il est publié par un « petit » éditeur et donc que celui-ci a également moins de moyens pour effectuer son travail éditorial.

Enfin, et je crois que c’était la principale raison, c’est que ma lecture « Le Diable des Pyrénées » s’était rapidement transformée en jeu puisque je comptais, de ligne en ligne, de page en page, la récurrence de l’expression « Hocher la tête », expression dont l’auteur abusait.

Je dois dire qu’en la matière, je fus déçu de ma lecture de « L’ombre du Midi ».

Heureusement, le jeu est de nouveau de mise dans « Le tueur du Canal ».

Mais, tout n’est pas qu’un jeu dans mes lectures.

Encore faut-il que le texte, la plume, tiennent la route pour que je ne referme pas rapidement le bouquin que j’ai entre les mains.

Donc, Alexandre Léoty fait tout bien comme les « grands » à tel point que l’on peut se demander pourquoi les autres sont super connus et pas lui.

Aucune raison a priori puisque les recettes sont les mêmes, les plumes ne diffèrent pas tellement (il faut être fédérateur et éviter les plumes trop virevoltantes…).

D’ailleurs, Léoty pousse le mimétisme, ici, jusque dans le portenawak de son intrigue que même J.C. Grangé n’aurait pas renié après « Le vol des cigognes ».

Car, si on décortique l’intrigue, rien ne tient la route. Mais peu importe.

Bien évidemment, je ne peux pas donner trop d’exemples au risque de divulguer des informations, mais, par exemple : Pourquoi la commissaire Pinget, qui semblait savoir bien des choses sur le tueur, communique-t-elle post mortem via des messages énigmatiques (très énigmatiques) et au compte-gouttes au lieu de livre tout ce qu’elle sait d’une manière claire et en un seul coup à Hadour ?

On peut également ergoter (et le terme est faible) sur les motivations du tueur, sur le comment il s’y est pris.

Pour résumer, chaque rebondissement est moins crédible que le précédent, et ce jusqu’à la super grande révélation finale…

Bon, peu importe, me direz-vous, c’est un constat que l’on peut faire sur presque tous les Thrillers à succès. (mais quand même).

De plus, comme Léoty suit à la lettre le « petit manuel du Thriller à succès », il n’oublie pas, comme il l’a fait dans les précédents opus et dans le suivant, de proposer une narration alternée, entre différents personnages (le tueur, la victime, les enquêteurs), mais également, comme il l’avait fait dans le précédent, entre le présent et le passé.

C’est ainsi que le lecteur alterne entre des morceaux du journal intime de la victime (heureusement très courts, car ils ne servent à rien) et d’autres sur une histoire vieille de 25 ans (heureusement très courts aussi).

Alors, que reste-t-il en faveur d’Alexandre Léoty ? Une plume par pire que les autres (et c’est un compliment de ma part), un personnage plutôt intéressant, Gabriel Hadour, et le petit jeu du « hochage de tête » qui m’a encore amusé.

Au final, Alexandre Léoty a tout d’un grand auteur de Thriller, du moins reprend-il parfaitement les codes du genre, trop parfaitement, même, puisqu’il en conserve le moindre défaut.