un homme est mort

René Pujol est un auteur dont j’ai déjà parlé, notamment pour ses romans « Le détective bizarre », « Amédée Pifle reporter » et « la résurrection de M. Corme ».

Mais René Pujol ne s’est pas contenté d’écrire d’excellents romans, il a également écrit de courtes nouvelles comme celles que vous pouvez trouver dans la collection « KatreCar » dans le catalogue d’OXYMORON Éditions.

Entre les romans et les nouvelles, l’auteur écrivait également d’autres genres de textes, comme, par exemple, des romans-feuilletons pour les journaux de l’époque.

C’est le sujet de cette chronique puisqu’elle concerne un court roman-feuilleton paru en 1932 dans le magazine « Ric et Rac ».

Un homme est mort : Le docteur Le Tinguier est mort dans un tragique accident, écrasé par une automobile à la sortie de sa clinique. Quelques semaines plus tard, la femme et la fille de la victime partent en cure à Deauville, la première pour soigner son veuvage et par hypocondrie, la seconde pour tenir compagnie à sa mère. Très vite, deux hommes charmants gravitent autour d’elles, mais leur attirance relative semble cacher des intentions bien plus troubles d’autant que feu le docteur est le dernier à avoir vu vivant, en tentant de le soigner, un espion en possession de documents d’une importance capitale… 

Ce court roman, puisqu’il s’agit avant tout d’un roman d’environ trois heures de lecture, condense toutes les qualités d’auteur de René Pujol et des éléments à la mode à l’époque.

Le genre, tout d’abord. René Pujol mélange une dose de policier, une dose d’espionnage, une dose de roman sentimental, une dose d’action et une bonne dose d’humour et de second degré.

Les personnages, ensuite. Ce fut, bien souvent, la grande qualité de l’auteur, savoir proposer des personnages du commun qui se démarquent pourtant quelque peu.

Si tout semble partir sur un canevas classique, un trio amoureux entre les deux hommes et la fille de la veuve, les choses sont en réalité bien plus compliquées. Le personnage décalé et drôle et joué, cette fois-ci, par la veuve, l’inconsolable veuve qui ne cesse de clamer son malheur, sa douleur, mais qui n’a qu’une envie : se retrouver très vite un mari.

Certes, le genre principal du texte est le roman d’espionnage, mais, pour autant, René Pujol ne fait que se servir du genre pour faire avancer son intrigue et ses personnages. 

Question narration, l’ensemble tient très bien la route et l’auteur n’hésite pas à nous proposer des rebondissements qui rythment le final de cette histoire.

Pour ce qui est de la plume, malgré un texte destiné pour les journaux, l’auteur ne sacrifie pas pour autant à la qualité qui était présente dans ses romans.

Au final, « Un homme est mort » est un très bon roman de René Pujol, qui confirme qu’il était un très bon écrivain populaire et qu’il mérite d’être bien moins anonyme qu’il ne l’est encore actuellement.