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On prend le même et on recommence avec ce second opus de la « Trilogie Parisienne » de Patrick Pécherot.

Effectivement, l’auteur poursuit l’histoire de la jeunesse de Nestor Burma à travers l’Histoire de son époque.

Après les années 20 et les séquestres des usines allemandes suite à la Première Guerre mondiale, l’auteur envoie son personnage revisiter l’avant seconde-guerre mondiale, la guerre d’Espagne, les luttes intestines en URSS... bref, tout le contexte explosif qui va mener au conflit mondial qui vît la plus grande horreur que l’univers ait connue (Hiroshima).

Belleville-Barcelone :

Paris, 1938. Dans les locaux de l’agence Bohman, un détective s’ennuie. Il ne sait pas encore que le monde bascule, mais les évènements vont faire de lui un gibier de premier choix. Le Front populaire vit ses derniers jours. En Europe le péril monte. L’embrasement général s’annonce. On chante Tout va très bien, Madame la Marquise tandis que la Cagoule multiplie les attentats. La République chancelle. Une fille de bonne famille a disparu avec son soupirant. Ils ont fait leur nid sur une poudrière. Leur chemin sera celui de la guerre. Il mène vers l’Espagne...

L’auteur prend donc les mêmes et il recommence. Même personnage de Pipette, devenu détective dans l’agence Bohman sous un nom que l’auteur évite de citer, toujours André Breton, les célébrités, les lieux emblématiques, le contexte historique... l’argot.

Du premier roman, il ne subsiste que son héros et André Breton. Les autres sont soit partis, soit morts. Le duo se déplace toujours dans un monde peuplé de célébrités médiatiques et historiques, ce qui multiplie encore les personnages... toujours un peu trop.

Car Pécherot cherche encore une fois à ancrer son récit dans la double histoire, celle médiatique des artistes et celle Historique avec un grand « H ». De par cette double volonté naît une multitude de personnages dont il est difficile de se souvenir. Certes, il est assez aisé de ne pas oublier Jean Gabin, Fernandel ou Michel Simon, mais plus ardu de saisir dès la première évocation les personnages historiques plus obscurs que les Franco ou Trotsky.

Mettre en place la jeunesse au sortir de l’adolescence de Nestor Burma tout en dénonçant ou énonçant certains faits historiques sans oublier de parsemer l’histoire de célébrités n’aide pas à se concentrer sur un point précis.

Là encore, tout comme le précédent opus, le récit est narré d’une plume argotique qui n’avait pas encore cours dans la littérature policière de l’époque dans laquelle l’histoire s’inscrit (il faudra attendre encore quelques années), mais ce dernier détail ne doit déranger que moi.

Mis à part ça, le roman est dans la même veine que le précédent opus. Respectueux du personnage de Nestor Burma et de sa verve, le récit pêche par les multiples directions que l’auteur cherche à lui donner. À trop vouloir en faire ou en dire, on perd un peu son lecteur.

Du coup, difficile de suivre exactement le chemin tracé par l’auteur, chemin qui devait pourtant être évident dans son esprit, et donc à s’attacher pleinement aux personnages et à l’histoire.

Ce roman ayant les mêmes qualités et les mêmes défauts que le précédent, il est donc plutôt à conseiller à ceux qui ont aimé « Les brouillards de la butte », même si « Belleville-Barcelone » n’offre malheureusement pas une similaire scène liminaire qui avait le don, dans le premier opus, de titiller notre curiosité et donc, de passer sur certains défauts pour connaître les tenants et les aboutissants de cette intrigue.

Au final, pas un mauvais livre, en tout cas, pas plus mauvais que le précédent, mais pas meilleur non plus, et c’est peut-être ça le problème, car on aurait pu espérer que l’auteur gommerait certains travers de son premier opus pour améliorer le second.