logo_epubUn livre papier et un livre numérique ne résultent pas de la même démarche de création.

Effectivement, le livre papier est le résultat d'une mise en page fermée alors que le livre numérique, lui, résulte d'une mise en page ouverte. Du coup, les deux formes de livres ne se préparent pas de la même façon.

Inutile de vous rappeler que vous ne pouvez pas interagir avec la mise en page d'un livre papier. Les mots ainsi que la façon dont ils sont présentés seront les mêmes pour tout le monde et, surtout, seront tels que l'aura voulu l'éditeur.

Pour le livre numérique, par contre, le lecteur interagit avec la forme en choisissant, sur sa lieuse, son pc, son iPad..., une police de caractère et une taille de police, une justification du texte ou pas, la taille de l'interlignage...

Mais allons encore plus loin. Dans l'absolu, le lecteur peut modifier le livre numérique de A à Z. Avec un peu de connaissance et un minimum d'outils, il lui sera possible de changer totalement le texte, la couverture, la présentation, les métadonnées...

Effectivement, avec le simple logiciel Sigil, n'importe qui peut ouvrir et modifier intégralement un ePub.

Évidemment, si le livre numérique est préparé d'une façon correcte, le lecteur n'aura aucun intérêt à aller le trifouiller.

Nous avons déjà vu qu'il suffisait d'un simple logiciel de traitement de texte comme « Atlantis » pour, à partir d'un fichier texte, fournir un fichier ePub correct.

Mais, entre un ePub correct et un ePub excellent, il y a encore beaucoup de travail à faire.

Pour retoucher un ePub, je vous ai déjà parlé du logiciel Sigil qui a le double avantage d'être gratuit et performant. Pour autant, Sigil ne vous suffira pas pour obtenir un résultat sans faille.

Pour cela, il vous faudra acquérir des connaissances en HTML, le langage spécifique des pages Internet et en feuilles de style plus communément appelées CSS.

Ces connaissances vont vous permettre de faire d'un ePub correct, un excellent ePub.

Grâce au HTML vous allez pouvoir coder votre présentation, grâce aux feuilles de styles vous allez pouvoir créer des gabarits facilement réutilisables dans votre ePub, mais aussi dans les prochains.

Quand on sait qu'un éditeur reprend bien souvent la même mise en page d'un livre à un autre, on voit tout l'intérêt de se plonger un peu dans le HTML et les CSS pour ensuite économiser du temps.

Mais avant de mettre les mains dans le cambouis, il est peut-être nécessaire de vous démontrer que la démarche est utile, notamment, selon la façon dont vous avez créé votre ePub.

Comme je l'ai déjà expliqué dans un précédent article, il existe diverses solutions pour créer un ePub, ce dernier n'étant rien de plus qu'une archive contenant divers fichiers de codes HTML et de texte.

Vous pouvez soit, tout coder de A à Z, mais la démarche nécessite une certaine aisance en codage, soit, utiliser des logiciels.

Je vous ai déjà parlé du traitement de texte Atlantis permettant d'exporter un fichier texte directement au format ePub, mais vous avez également la possibilité d'en faire autant avec un autre logiciel de traitement de texte, gratuit celui-là, Open Office. Pour se faire, il vous suffit de lui ajouter le module « Writer2epub ». Vous devez donc, au préalable, télécharger l'extension, facilement trouvable par une recherche sur Google, puis ouvrir Open Writer, aller dans l'onglet « Outil », « Gestionnaire d'extensions », puis « Ajouter ».

Relancez alors Open Writer et vous verrez apparaître des boutons pour exporter votre texte au format ePub.

La troisième solution que j'ai testée est celle d'utiliser un autre logiciel connu, que tous les lecteurs de livres numériques devraient avoir installé sur leur ordinateur, Calibre. Calibre ne permet pas que de gérer sa bibliothèque virtuelle, il permet également de convertir des fichiers d'un format à un autre et, parmi ceux-ci, le format RTF, un format que vous pouvez obtenir avec un simple logiciel de traitement de texte.

J'ai donc testé les trois solutions avec le même texte pour voir les différences de codes, au final.

Attention, je ne suis pas un codeur professionnel, pas même un amateur, et je n'ai donc aucune prétention de perfection en la matière. Tout ce que je vous donne comme informations n'a d'autre but que d'aider les personnes désireuses de créer un ePub et qui ont encore moins de connaissances que moi. Les commentaires de cet article peuvent aussi servir à avoir le retour de personnes ayant plus d'expériences en la matière.

Tout d'abord, sachez que le résultat des différents codes n'est pas forcément visible par le simple lecteur, il faut soulever le capot pour constater l'écart. Aussi, allez-vous me demander : « Mais pourquoi s'embêter à améliorer le code si cela ne change rien pour le lecteur ? ».

D'abord, par désir d'apprentissage, d'approche de la perfection, mais aussi parce qu'il est plus facile de réutiliser un code propre soit, pour la création des futurs ePub, soit, pour la migration vers de futurs formats.

Ainsi, pour un même rendu visuel, en apparence (excepté le manque d'interligne entre les paragraphes par la méthode Open Office.), vous obtenez les trois codes suivants :

Par Atlantis :

ePub___Atlantis

Par Calibre :

 ePub___Calibre

Par Open Office :

 ePub___Open_Off

Si vous ne connaissez strictement rien au HMTL, il faut savoir que celui-ci est composé de balises (ce qui est compris entre < et >), des commandes qui permettent de formater des éléments multimédias.

Chaque formatage a un début < « format » > et une fin .

Pour vous faciliter la tâche, j'ai encadré en rouge les balises sur chaque résultat.

Ainsi, d'un simple coup d'œil vous constatez immédiatement que chaque paragraphe créé par Atlantis et par Open Office, n'a besoin que d'une paire de balises (une ouvrante et une fermante) alors que Calibre, pour le même résultat, crée plus de 25 paires de balises.

Quelle importance ? Imaginez le parasitage, sur uniquement, un seul paragraphe. Si l'on multiplie par le nombre de paragraphes dans un livre et si l'on ajoute que le parasitage de code doit être pareil dans la feuille de style (une page contenant les gabarits de vos textes qui vous permettent, quand tout est bien fait, de modifier l'apparence de tout votre texte en quelques minutes) et du reste, alors, le code parasite pullule et finit par altérer les performances de lecture.

Pour votre appareil de lecture, même si la différence peut être imperceptible pour vous, il lui faut plus de temps pour interpréter toutes ces balises. C'est un peu comme si je vous demandais de lire le texte dans le code. Aucun problème dans le premier et le troisième cas, très difficile et très long dans le second cas.

En conclusion, si vous devez choisir une de ces trois solutions pour créer votre ePub, évitez à tout prix Calibre et préférez Atlantis (payant mais pas très cher) ou Open Office (gratuit).

Si le rendu, sur un paragraphe, est très propre pour les deux, mon cœur penchera plus vers Atlantis pour ce qui est de toute l'architecture du code, des chapitres...

Mais, dans tous les cas, si vous désirez un code épuré, il vous faudra repasser les fichiers au crible. Pour cela, il vous est conseillé de vous pencher un peu sur le code HTML et sur les feuilles de style CSS pour être capable de localiser et effacer le code parasite, mais également pour mieux structurer votre ePub.

Je vous en reparlerai prochainement.