mini-snakeoil

Il y a presque 4 ans, je vous parlais des différences entre un éditeur à compte d’auteur et un éditeur à compte d’éditeur, dans un article de ce blogue.

Aujourd’hui, je reviens sur le sujet pour vous parler d’une nouvelle forme d’édition en plein essor : La Maison d’auto-édition.

Ainsi formulée, la contradiction doit frapper les esprits. Maison : pour faire maison d’édition. Auto-édition : pour se démarquer des éditeurs à compte d’auteurs.

En clair, la formulation est là pour vous rassurer (à cause du charlatanisme fort présent chez les éditeurs à compte d’auteurs) tout en vous piquant tout de même votre pognon.

Le principe de l’auto-édition est contenu dans le mot même. « Auto » = faire soi-même et « édition ». En clair, faire soi-même le travail d’édition.

Nous avons donc là de nouveaux éditeurs à compte d’auteurs qui tentent de se cacher derrière une appellation plus rassurante puisqu’ils se présentent comme des « amis » dont le but est de vous aider à proposer à vos lecteurs le meilleur livre possible.

Bien sûr, cette aide étant payante, vous pouvez être assurés que leur objectif est avant tout de vous prendre votre argent.

Pour cela, ils vous proposent des « tarifs », qu’ils nomment plus facilement « formules », auxquels il faut souscrire pour obtenir leur « aide ». Les propositions sont toujours les mêmes :

– Relecture et critique de votre texte.

– Correction.

– Création d’une couverture.

– Mise en page et création d’un PDF.

– Création d’un ePub.

– ISBN.

– Dépôt légal.

– Impression.

– Distribution.

Le but de ces entreprises est de vous convaincre que, plus vous souscrivez à des options, meilleur votre livre sera, donc plus il se vendra et, par conséquent, plus vous gagnerez d’argent. En clair, investissez plus pour gagner plus, un concept que ne renierait pas Bernard Madoff.

S’il semble évident que, plus de travail est effectué sur votre livre, meilleur il sera, encore faut-il connaître la qualité dudit « travail ».

Je dois avouer que cet article m’a été inspiré de la lecture de « Valet de Pique » de Florian Payraudeau, du moins d’une première version, bourrée de fautes d’orthographe, ce qui m’a poussé à m’intéresser de plus près à l’éditeur (oui, car même quand on se dit « Maison d’auto-édition », on pousse la singerie jusqu’à mettre le nom de sa boîte en lieu et place de celui de l’éditeur sur un livre classique, afin de se faire de la publicité et d’attirer les gogos clients).

Depuis, les fichiers du livre numérique en question ont été mis à jour et la plupart des fautes dont je parlais ont disparu.

Pour autant, peut-on dire que le travail éditorial a été correctement fait puisque les fautes ont été corrigées, ou bien qu’il a d’abord été bâclé puisque le fichier a été distribué, en premier lieu, dans une forme pitoyable. L’auteur avait-il, au départ, souscrit à une formule sans correction orthographique (ce qui serait étonnant vu que toutes les offres de l’entreprise comprennent un forfait « correction ») ou bien l’entreprise en question s’est-elle contentée de corriger les fautes au fur et à mesure qu’elles étaient repérées et signalées par les lecteurs ? (Ce qui ne présagerait rien de bon sur la qualité du travail effectué.)

Mais, avant de se plonger dans le texte (et constater de possibles errances), le lecteur lambda sera confronté à deux aspects d’un livre : sa 1re de couverture et sa 4e de couverture.

Commençons par la 4e. Comme les goûts et les couleurs... je ne m’étendrai pas sur la qualité stylistique. Juste, je noterai qu’il est fort dommage que personne ne se soit aperçu que le résumé se terminait sur une grosse erreur : « Qui se cache derrière donc derrière cette carte mystérieuse ? »

Pour ce qui est de la 1re de couverture, force est de constater que celle-ci n’est pas mal... ne serait pas mal si l’image n’était pas tirée d’une banque d’images quelconques accessibles à tous (en échange de quelques euros). Dans ce cas-là, vous n’échappez pas à l’inconvénient de voir un autre auteur ou un autre éditeur utiliser la même image pour son livre, son article, son blogue...

 

pff

 

Pour un auteur, son livre, c’est son bébé ! Il se doit d’être à la fois beau, bon et original. Admettez qu’il est alors regrettable de voir pulluler les ouvrages avec la même couverture que la vôtre.

Mais, là aussi, même chez un éditeur à compte d’éditeur, vous n’échappez pas à ce risque ou à des risques proches. Effectivement, j’avais déjà pointé du doigt la couverture d’un roman des éditions Fayard, « Prix du Quai des Orfèvres 2009 » : « Chasse à l’homme » de Christophe Guillaumot.

L’auteur, que j’ai rencontré sur le salon Polar du Barcarès, m’a expliqué que son éditeur avait pioché dans le même catalogue d’images que l’éditeur coréen du film « The Chaser » dont l’image de la couverture a été tirée puis retouchée pour faire plus « français ».

Je passerais également sur le codage de l’ePub qui est le résultat d’une conversion avec un quelconque logiciel et, donc, bourrée de codes parasites. Là également, bon nombre d’éditeurs à compte d’éditeur en font tout autant donc, inutile de jeter la pierre sur Paul ou Jacques.

Je ne reviendrais pas, également, sur les fautes d’orthographe qui pullulent dans le texte, j’en avais déjà parlé sur la critique du livre qui m’a inspiré cet article et il vous suffit de lire les critiques sur Amazon pour vous rendre compte que je ne suis pas le seul lecteur qui ait été dérangé par cet aspect.

Tout cela pour prévenir l’auteur amateur à la recherche d’un éditeur qu’il lui faudra, désormais, se méfier d’une autre appellation, d’un autre genre d’éditeur à compte d’auteur, et qu’il devra faire très attention s’il ne veut pas se faire prendre ses économies en miroitant de pouvoir devenir riche et célèbre avec son dernier roman pour peu que les employés d’une gentille maison d’auto-édition vous aident, moyennant finances, à faire de votre livre un véritable succès.

Sachez que, si vous n’êtes pas certain de devenir riche et célèbre en réussissant à travailler avec un grand éditeur à compte d’éditeur, vous pouvez être persuadé de ne jamais le devenir en vous faisant arnaquer par des confrères (mais sont-ce des confrères ?) bien moins scrupuleux.