Deux coups de feu
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Si vous lisez régulièrement mes critiques, André Charpentier (1884-1966) ne devrait plus être un inconnu pour vous.
En effet, j'ai déjà maintes fois évoqué cet auteur, notamment et surtout pour ses récits mettant en scène l'inspecteur Girard (ou Gérard, selon les textes et les éditions).
Comme bien souvent, dans la littérature fasciculaire de l'époque, ces " épisodes " se retrouvèrent disséminés dans diverses collections sans qu'on puisse faire un rapprochement de personnages autrement qu'en lisant un maximum de textes de l'auteur... ce que je fis.
Mais André Charpentier n'est pas que l'auteur des " aventures de l'inspecteur Girard ", il a également écrit bon nombre de récits d'aventures, de récits jeunesse et même d'autres récits policiers dans lesquels on ne trouve pas son héros récurrent.
C'est le cas du titre du jour, « Deux coups de feu », initialement paru, apparemment, dans une collection policière des éditions Baudinière en 1945 et assurément réédité sous la forme d'un fascicule de 32 pages en 1948 dans la collection " Les Récits Policiers " des éditions de La Technique du Livre.
Deux coups de feu :
Le boulevard Haussmann s’éveille sous le choc : Martial Brossard, directeur de l’Agence Commerciale Africaine, est retrouvé assassiné dans son bureau.
Entre une épouse délaissée aux menaces de mort explicites et une jeune secrétaire qui crie à la culpabilité de sa rivale, la police pense tenir une affaire classée.
Pourtant, une ombre plane sur ce drame : celle d’une mystérieuse visiteuse aux yeux noirs, disparue juste avant les coups de feu.
Qui est cette inconnue venue réclamer justice pour une affaire vieille de quinze ans ?
Refusant les conclusions hâtives de l'inspecteur Durandeau, le reporter intrépide Patrice Laville décide de remonter la piste jusqu’aux ruelles sinueuses de la Casbah d'Alger.
Dans une atmosphère lourde de trahisons et de trafics passés, il s'apprête à déterrer un secret que certains auraient préféré voir mourir avec Brossard.
Martial Brossard est assassiné dans son bureau en pleine journée. La secrétaire de la victime retrouve, auprès du corps, la femme de son patron, revolver à la main. Mais celle-ci se dit innocente...
André Charpentier, comme je l'ai déjà dit, est l'auteur de la série autour de l'inspecteur Girard dont j'ai déjà chroniqué de nombreux épisodes.
On retrouve dans ce récit policier, les mêmes éléments que dans les épisodes de ladite série, notamment du côté de l'écriture avec ces multiples " ; " points virgules qui ponctuent les phrases de façon abusive.
Si Charpentier proposait à l'inspecteur Girard de participer souvent à des sous-genres du roman policier (crime en chambre close, meurtre impossible)... ici, il décide de confier l'enquête à un journaliste qui va devoir voyager pour comprendre les tenants et les aboutissants du crime.
On se retrouve donc dans un récit plus classique pour l'époque dans son intrigue et sa narration. En effet, on retrouve cette " vengeance du bout du monde " dans plusieurs enquêtes du commissaire Rosic de Rodolphe Bringer et bien d'autres encore.
Pour autant, André Charpentier n'étant pas un béjaune, il parvient tout de même à séduire le lecteur même à travers une trame plus conventionnelle.
Cependant, il faut bien avouer que l'enquête se déroulera plus dans l'action que dans la réflexion, ce qui dirige plus le genre du récit vers l'aventure.
Au final, un récit qui se lit avec plaisir même si on préférera les enquêtes de l'inspecteur Girard du même auteur.
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