Depuis plus de 15 ans, je fouille et refouille l'immense océan de la littérature populaire policière à la recherche de titres à lire.
Je plonge même régulièrement dans les abysses de la littérature fasciculaire.
Et dans celle-ci, comme ailleurs, j'ai mes petits chemins balisés.
Les éditions Ferenczi & Fils font office de long périple qui traversa des décennies depuis leur entrée dans le vaste monde du fascicule policier en 1907 avec la série " Marc Jordan " jusqu'à la fin des années 1950 correspondant à l'avènement du livre de poche et la disparition du fascicule.
Le catalogue des éditions Ferenczi est un labyrinthe dans lequel j'aime à me perdre. Mais là encore, j'y ai déposé quelques balises :
- la collection " Le Roman Policier " (à partir de 1916)
- la collection " Police et Mystère " (au milieu des années 1930)
- la collection " Mon roman policier " (dans les années 1940 et 1950)
« Le crime du passage Fleury » de Henry-Georges, est paru en 1936, dans la collection " Police et Mystère " des éditions Ferenczi, sous la forme d'un fascicule de 64 pages.
Le titre est donc signé " Henry-Georges ", un pseudonyme qui nous rappelle inévitablement un écrivain incontournable de la littérature populaire fasciculaire : H.J. Magog.
Effectivement, l'écrivain utilisa de nombreux pseudonymes dont Henri-Georges Jeanne.
Du coup...
Le crime du passage Fleury :
Un crime mystérieux secoue le quartier des Gobelins : au 72 passage Fleury, M. Lormel est retrouvé étranglé dans sa chambre à coucher après une lutte violente. Tandis que son épouse est transportée à l'asile de Sainte-Anne, frappée de folie par le drame, le commissaire Pringent conclut hâtivement à une affaire banale d'adultère qui aurait mal tourné.
Cependant, l'inspecteur Marolle, plus méticuleux, découvre un indice capital : un bouton de bretelle arraché, portant la griffe d'un tailleur de luxe anglais, Arthon Brothers. La piste mène à un cercle très restreint d'hommes riches et influents. Parmi les suspects potentiels se trouve un nom qui menace de faire éclater un scandale sans précédent : le juge d'instruction Léonce du Pressil, celui-là même chargé de diriger l'enquête.
Entre faux-semblants, secrets mondains et pressions hiérarchiques, Marolle devra user de toute sa sagacité pour confondre un coupable qui semble intouchable.
Un homme est retrouvé mort étranglé chez lui. Sa femme a perdu la raison. Un repas aux chandelles était en cours. Le mari ne semblait pas y être invité. Un banal drame de l'adultère ? Un mari tombant sur sa femme et son amant. Une bagarre éclate. L'amant tue le mari ? C'est ce que semble penser le commissaire Pringent.
Mais l'inspecteur Marolle, lui, décide de pousser plus avant l'enquête et découvre très vite un indice qui le conduit vers quelques suspects appartenant à la bourgeoisie, dont le juge d'instruction chargé de l'affaire.
Évidemment, il ne faut pas ici s'attendre à un suspens haletant, à de nombreux rebondissements, le format court ne s'y prêtant pas.
Pour autant, dès le début, le style et l'histoire sont suffisants pour maintenir l'attention du lecteur.
Les indices pointant le juge chargé de l'enquête apportent forcément un peu de tension à l'intrigue et les personnages, même si la concision du texte ne permet pas de les développer, sont suffisamment dépeints pour être intéressants.
Alors, oui, on devine assez rapidement le rebondissement final, mais le lecteur de l'époque, moins " nourris " de romans policiers, de films policiers, de séries policières, était sûrement plus susceptible de se laisser surprendre.
Au final, si " Le crime du passage Fleury " ne révolutionne ni le genre ni le format (ce n'était de toute façon pas son but), il propose un style et une histoire suffisant pour proposer une lecture agréable qui occupera un peu moins de deux heures de votre temps... et ce n’est déjà pas si mal.
L'univers du récit policier n'est depuis quelques années plus réservé à la gent masculine.
Mais ce ne fut pas toujours le cas, du moins en France.
En effet, jusque dans les années 50, les lecteurs avides de récits policiers pouvaient rarement se délecter de plumes féminines (Renée Dunan fait presque figure d'exception) et encore moins de personnages de policières ou d'enquêtrices.
Cependant, nos amis anglo-saxons et américains eurent beaucoup d'avance sur nous, car les femmes de lettres à œuvrer dans le récit policier furent nombreuses (Anna Katherine Green, Emma Orczy, Mary Elizabeth Braddon, Mrs. Henry Wood, Catherine Louisa Pirkis, Dorothy L. Sayers... jusqu'à la grande Agatha).
Mais la place de la femme était également à l'autre bout de la plume puisque des personnages comme Dorcas Dene, Hagar Stanley, ou encore Madelyn Mack apparurent très rapidement.
Et si on pourrait reprocher à ces quelques héroïnes d'être toutes les créations d'hommes, les femmes détectives nées de l'imagination de femmes de lettres sont également nombreuses.
On peut penser à Lady Molly de Scotland Yard, d'Emma Orczy, au début du XXe siècle ou encore à Lovely Brooke de Catherine Louisa Pirkis, à la fin du siècle précédent.
Et à la même époque que cette dernière, on pensera à la détective Dora Bell, d'Elizabeth Burgoyne Corbett (1846-1930).
En effet, vers 1894 (la date n'est pas certifiée) dans le journal " South Wales Echo " paraît une toute jeune femme, Dora Bell, qui intègre l'agence de détectives de son oncle.
Elle vivra douze courtes aventures (environ 2 000 mots chacune).
Mais Elizabeth Burgoyne Corbett, journaliste et féministe, profitera de sa plume pour accorder des droits aux femmes, ne serait-ce que de manière fictionnelle, à travers ses personnages de femmes émancipées, en créant une autre femme détective, Annie Cory, pour son roman " When the sea gives up its dead " ou dans son roman de science-fiction " New Amazonia : a Foretaste to the future " dans lequel les femmes dominent tous les mouvements de la société.
Les aventures de Dora Bell :
À la fin du XIXᵉ siècle, alors que l’enquête policière demeure un domaine presque exclusivement masculin, Dora Bell s’impose par la seule force de son intelligence.
Observatrice attentive et stratège méthodique, elle intervient dans des affaires d’héritages frauduleux, de testaments disparus et de fortunes usurpées, où chaque détail peut faire basculer la vérité.
En déjouant les intrigues les plus complexes, Dora Bell affirme une présence féminine rare et novatrice dans les premiers récits policiers britanniques.
Une série d’enquêtes élégantes et précises, témoignant des origines du genre et de l’émergence d’une héroïne en avance sur son temps.
Dora Bell, jeune femme et narratrice, nous conte douze affaires auxquelles elle a participé en tant que détective pour le compte de l'Agence de son oncle.
Ces récits sont courts (2000 mots en moyenne), aussi on ne sera pas étonné que l'auteur aille directement au cœur du sujet (parfois trop rapidement).
La jeune femme est souvent confrontée à des histoires d'héritage, de vol ou de chantage, mais toujours dans la Haute Société (après tout, les pauvres n'ont pas les moyens de s'offrir les services de détectives privés).
Son statut de " jeune femme bien comme il faut " lui permet alors d'infiltrer le milieu sans que l'on se méfie d'elle.
Ces récits, comme souvent, sont un reflet d'une époque, d'une Société et en raconte long sur les mentalités et les pratiques de la Haute Bourgeoisie de l'époque.
Ainsi, les faux-semblants, l'hypocrisie entre l'image que l'on donne de soi et la réalité, la peur du " qu'en dira-t-on ", les " cadavres dans les placards ", sont les sujets sensibles de la plupart des histoires.
Ces " historiettes " peuvent alors se picorer lentement, chacune occupant un peu moins d'un quart d'heure du temps du lecteur, ou bien se dévorer d'un trait (multipliez le temps imparti par douze).
Certes, il ne faut pas s'attendre à de grandes aventures, à des mystères insondables, à des rebondissements incroyables, mais juste à des histoires rapidement contées à la première personne par l'héroïne principale.
Comme souvent pour les textes de l'époque, on peut les déguster comme tout récit littéraire ou bien les considérer comme des témoignages des mœurs d'une époque.
Mais on peut également allier l'utile et l'agréable et avoir la double lecture.
Bref.
Au final, une petite série de récits très concis qui n'aura pas marqué son époque ni par ses intrigues ni par ses personnages (contrairement à d'autres), mais qui se lit tout de même avec plaisir d'autant que ce format très court est assez rare (on pense aux enquêtes de l'inspecteur Pinson en France).
Dans ma recherche continuelle de personnages récurrents de la littérature populaire policière du début du siècle dernier et de la fin du précédent, j'hésite de moins en moins à me plonger dans les textes d'auteurs anglophones...
Non pas que j'ai fait le tour de ce que les auteurs francophones ont pu produire (j'ai probablement encore de nombreuses découvertes à faire), mais il faut bien avouer que les littératures américaine et anglaise abritent de très très nombreux personnages tous plus intéressants les uns que les autres.
Le second atout de nos amis anglophones, c'était leur propension à se plonger dans les récits très courts.
Chez nous, exceptés les contes pour les magazines, le format le plus court usuel était le fascicule de 32 pages contenant un texte d'environ 10 000 mots (une heure de lecture environ).
Mais nos amis américains et anglais, pour abreuver les magazines (dont le Strand en Angleterre), écrivaient souvent des textes d'environ 5 000 mots (soit une demi-heure de lecture).
Dans cette catégorie, on peut retrouver par exemple, Lady Molly d'Emma Orczy, en Angleterre ou La Machine à Penser, de Jacques Futrelle, aux États-Unis.
Dans notre paralittérature, cependant, un détective récurrent eut du succès à travers des textes courts, voire très courts : Loufock Holmes, une parodie déjantée du célèbre Sherlock Holmes, un personnage né de la folle imagination de Cami (Pierre Henry Cami).
Mais les Américains ne furent pas en reste en la matière puisqu'en 1910, Ellis Parker Butler (1869-1937), créa principalement pour le magazine " The Red Book ", le personnage de Philo Gubb, un peintre, poseur de papier peint qui se forma au métier de détective grâce à des cours par correspondance.
Philo Gubb, qui se dit alors " Détektif ", voue un culte sans borne à ses manuels et applique leurs règles sans réfléchir.
Cette application à la lettre, doublée d'un esprit simple, font de Philo Gubb un personnage comique, antithèse parfaite du célèbre Sherlock Holmes et en fait en cela le maillon manquant entre le détective anglais et l'enquêteur loufoque du français Cami.
Mais si Philo Gubb a une logique toute personnelle, des conclusions bancales, des conclusions extravagantes, sa bonne étoile fait qu'il arrive toujours ou presque à triompher... dans l'enquête qu'il mène ou dans une autre qu'il ignorait totalement.
Bref, Philo Gubb est un enquêteur gaffeur fort sympathique qu'il est bon de découvrir ou redécouvrir, car il provoque toujours le sourire.
Dire combien d'aventures vécut Philo Gubb est bien difficile.
Cependant, j'en ai décompté une cinquantaine dont 16 ou 17 furent rééditées dans un recueil, « Philo Gubb, Correspondence School Detective » en 1918.
On trouve ensuite trace d'épisodes dans divers magazines jusqu'en 1933.
Les aventures de Philo Gubb :
Philo Gubb n’est pas un détective comme les autres. Diplômé par correspondance et tapissier le reste du temps, il aborde chaque énigme, armé d’une logique improbable, d’un sérieux inébranlable et d’un manuel d’enquête aussi approximatif que sacré.
À Riverbank, Iowa, ses concitoyens oscillent entre scepticisme, tendresse et franche perplexité, tandis que Philo avance, trébuche, déduit… et finit, malgré tout, par résoudre les affaires les plus incongrues.
Ellis Parker Butler signe ici une parodie brillante du roman policier naissant, où l’humour, l’absurde et la naïveté se mêlent avec une élégance réjouissante.
Philo Gubb est le chaînon manquant entre le Sherlock Holmes de Conan Doyle et le Loufock Holmes de Pierre Henri Cami : un détective à la fois sérieux et loufoque, méthodique et désarmant, dont les enquêtes sont aussi savoureuses que surprenantes.
Une redécouverte savoureuse d’une pépite de l’humour américain du début du XXᵉ siècle.
Philo Gubb est donc un poseur de papiers peints qui aspire à devenir détective et, pour cela, il va suivre des cours par correspondance.
Dès lors, il va suivre à la lettre et bêtement les leçons et de ses manuels, ce qui va provoquer toute une série de quiproquos.
Honnête, droit, mais un peu limité dans ses réflexions, Philo Gubb va donc provoquer divers sentiments chez les autres.
Entre ceux qui ne vont se laisser influencer que par ses succès et le consulter et ceux qui vont tenter de se moquer ou se jouer de lui, Philo Gubb va sans cesse naviguer sur un fil tel un funambule... sans jamais pour autant tomber... sauf sur la bonne solution à son enquête... ou la bonne solution à une autre enquête.
Si les intrigues loufoques sont indépendantes les unes des autres, l'auteur donne tout de même une continuité dans la série, une sorte de fil rouge, qui va relier les épisodes entre eux.
Très vite, ce fil rouge se nommera Syrilla, la Femme Obèse d'un cirque ambulant dont le jeune détective va tomber éperdument amoureux.
Syrilla reviendra donc d'épisode en épisode, soit en présentiel soit de manière épistolaire à travers de courts télégrammes...
Bref, les aventures de Philo Gubb sont à la fois plaisantes à lire et amusantes, l'auteur ne cessant de mettre son personnage dans les situations les plus cocasses possible.
C'est léger, c'est drôle, la naïveté du héros est à la fois amusante et touchante et l'auteur sait alterner entre comique de situation et comique de dialogue. C'est court, cela se lit sans se prendre la tête et on prend plaisir à suivre les aventures de ce personnage à la fois original et très positif.
Au final, une lecture fort agréable qui donnera le sourire aux lecteurs grâce à un personnage dont tout le monde (sauf le lecteur) se moque alors qu'il finit toujours par réussir.
Si les personnages récurrents ne manquent pas dans notre littérature populaire policière, et ce depuis l'inspecteur Lecoq d'Émile Gaboriau apparu en 1865, ils sont encore plus nombreux dans la littérature anglophone.
On pensera bien sûr à Sherlock Holmes, avant lui au chevalier Dupin, mais également au détective Nick Carter et de bien moins connus comme Dorcas Dene, Miss Boston, Max Carrados... j'en passe et des meilleurs.
Dans cette foultitude de détectives et policiers récurrents, certains sont confrontés à des ennemis jurés (Sherlock Holmes et Moriarty ; Nick Carter et le Dr Quartz...) qui passent au second plan...
Mais certains de ces enquêteurs se sont fait supplanter par leurs ennemis... c'est le cas du détective Dixon Druce et de son ami le légiste Éric Vandeleur...
En effet, ces deux personnages sont nés de la plume du duo L. T. Meade (1844-1914) et Robert Eustace (1869-1943).
La première (Elizabeth Tomasina Meade) était une femme de lettres prolifique ayant exercé dans les genres jeunesse, romance et policier.
Le second (Robert Eustace) était médecin et chargé d'assurer la cohérence des récits d'un point de vue médical et scientifique (traitements, poisons...).
Pas étonnant alors que les récits écrits par les deux auteurs tournent souvent autour d'histoires médicales.
Et si c'est le cas en général, cela l'est aussi en particulier avec la série dans laquelle interviennent les deux personnages susnommés : « The Sorceress of the Strand » (La Sorcière du Strand).
Cette série comprend 6 épisodes qui furent publiés dans le célèbre " Strand Magazine " (celui qui publia les aventures de Sherlock Holmes) à partir de 1902.
Et si ces 6 épisodes mettent en scène très logiquement les mêmes héros (Druce et Vandeleur), ils mettent également en avant le même ennemi : Madame Sara, une " jeune " femme qui se dit " embellisseuse " et qui connaît les secrets pour retarder les effets de l'âge, ce qui la rend indispensable à la gent féminine de la Haute Société.
En plus de cela, elle est également dentiste, scientifique, maîtrise les poisons et... surtout, elle est une criminelle avertie qui cherche à manipuler ses patients dans le but de s'approprier leurs richesses.
Bruce Dixon est le narrateur des récits. Il nous conte les six aventures qui l'ont confronté avec Madame Sara.
Il est épaulé ou plus souvent encouragé par Éric Vandeleur, un médecin légiste qui travaille pour la police.
Madame Sara, quant à elle, est un personnage éminemment réputé et qui a ses accès dans la Haute Société grâce à ses talents et ses connaissances médicales qui permettent aux femmes de la Gentry de lutter contre les affres du temps.
Mais derrière ces apparences positives, Madame Sara profite de sa situation pour manipuler les gens afin de s'enrichir sur leurs dos. Pour cela, elle s'appuie sur ses connaissances scientifiques...
À une époque où Sherlock Holmes révolutionne le monde du récit policier en mettant en avant son esprit analytique et son sens de l'observation, Meade et Eustace décident de prendre une autre direction et ouvrent la voie au récit policier scientifique.
En effet, chacune des aventures est l'occasion de s'appuyer sur un élément scientifique à travers les poisons, les traitements, les innovations technologiques...
Mais la série est également l'occasion, pour une des premières fois, de mettre la femme au centre de l'histoire, mais cette fois, non pas du bon côté de la barrière en tant que détective ou policière, mais de celui du mal. Un génie, dans tous les sens du terme, les bons comme les mauvais.
Appréciée par une grande partie de la noblesse, elle est redoutée et crainte par ceux qui connaissent sa véritable personnalité (dont, notamment, Vandeleur et Dixon).
Mais, Madame Sara n'est pas qu'une " Némésis " de plus. Contrairement aux méchants masculins, Madame Sara symbolise la peur de la société victorienne envers l'émancipation grandissante de la femme dans cette société.
Depuis quelques années, les femmes peuvent devenir médecins, depuis peu, elles peuvent plaider en tant qu'avocat. Sous peu, Marie Curie obtiendra le prix Nobel de Physique.
« The Sorceress of the Strand » est donc une série littéraire qui s'inscrit dans son époque.
Ces six épisodes de 8000 à 9500 mots connurent un certain succès auprès des lecteurs.
Et on comprend pourquoi à la lecture de ceux-ci.
En effet, si les épisodes sont courts, ils n'en sont pas moins très agréables à lire, notamment grâce à la plume des auteurs.
On prend donc plaisir à lire ces récits et à suivre les confrontations entre Dixon, Vandeleur et Madame Sara.
On assiste également à l'obsession qui étreint les deux amis et les pousse sans cesse à voir la main de Madame Sara derrière tous les crimes et les mystères (et ils ont souvent raison).
Alors oui, les procédés ont un peu vieilli (il s'est passé plus de 120 ans depuis), cependant, les sujets sont toujours intéressants, le style est captivant et les personnages suffisamment attachants pour que l'on suive cette lutte avec plaisir.
On est même frustré, à la fin du 6e épisode de savoir que cet affrontement prend fin et que l'on ne pourra plus assister au machiavélisme de Madame Sara ni aux efforts de Vandeleur et Dixon pour la contrer.
Au final, une série courte composée de récits courts, mais qui s'avère être une série à la fois intéressante d'un point de vue littéraire, mais aussi pour son témoignage d'une époque, de ses évolutions et de ses craintes.
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J'ai beau fouiller la littérature populaire policière du début du siècle dernier et de la fin du précédent depuis 15 ans avec toujours la même ferveur, je ne cesse de découvrir de nouveaux (anciens) auteurs et de nouveaux (anciens) personnages, dans notre paralittérature ou, désormais, dans celles de nos amis anglais et américains.
La dernière découverte en date se nomme Thorpe Hazell.
Thorpe Hazell est un personnage particulier et original de la littérature policière.
En effet, il fut créé par Victor Lorenzo Whitechurch - sur lequel je reviendrai - dans le but de proposer un enquêteur à l'opposé de Sherlock Holmes.
Et éloigné du célèbre détective à la pipe, Thorpe Hazell saurait difficilement l'être plus.
Car là où Sherlock Holmes s'éparpille dans tous les domaines, Thorpe Hazell se spécifie dans les mystères ferroviaires.
Là où Sherlock Holmes multiplie les connaissances de toutes sortes, Thorpe Hazell se concentre sur le monde du rail, maîtrisant à la perfection tous les détails techniques de l'univers des trains (mécaniques, horaires...).
Là où Sherlock Holmes prône l'autodestruction à travers les drogues, Thorpe Hazell met en avant son végétarisme et sa soif d'une culture physique, n'imaginant pas un esprit sain ailleurs que dans un corps sain.
Si Thorpe Hazell est désormais totalement inconnu du grand public, il fut, à son époque, acclamé par des auteurs à succès tels Ellery Queen ou Dorothy L. Sayers, qui vantaient la précision des intrigues créées par V.L. Whitechurch.
Revenons un peu sur l'auteur, donc.
Victor Lorenzo Whitechurch (1868-1933) était lui-même un passionné éclairé du monde ferroviaire.
Mais, ce qui est étonnant pour un auteur de récits policiers, V.L. Whitechurch était d'abord un ecclésiaste anglais. Il a d'ailleurs également écrit sur la Religion.
Enfin, V.L. Whitechurch a également développé un autre personnage récurrent : l'espion Yvan Kovaritch.
Pour en finir, si Thorpe Hazell est, de nos jours, méconnu du grand public, notamment francophone par manque de traductions de ses aventures, il a été remis en avant à travers des adaptations radiophoniques de certaines aventures pour la BBC, aventures, qui furent lues par Benedict Cumberbatch (l'acteur de la série " Sherlock " [2010-2017].
Mystères du chemin de fer :
Thorpe Hazell n’est pas un détective comme les autres.
Végétarien strict, amateur de yoga avant l’heure, passionné de diététique et ennemi juré des rythmes de vie « contrariants », il possède pourtant un talent unique : une connaissance encyclopédique des chemins de fer britanniques. Horaires, aiguillages, règlements, itinéraires, composition des trains... rien ne lui échappe.
Et lorsqu’un crime, un vol ou une disparition se produit, c’est dans les détails du rail que se cachent les indices.
Thorpe Hazell résout ses enquêtes avec calme, logique et précision, là où d’autres ne voient qu’un enchevêtrement de rails et de fumée.
Créé vers 1899 par le révérend Victor L. Whitechurch, lui-même spécialiste de l’univers ferroviaire, Hazell s’inscrit parmi les plus singuliers détectives de l’âge d’or du récit policier. Ses aventures allient ingéniosité, humour discret et exactitude technique, annonçant les futurs maîtres du crime ferroviaire.
Retrouvez pour la première fois en français les enquêtes d’un détective aussi original qu’attachant, pour qui le moindre sifflet de locomotive peut devenir la clé d’un mystère.
Bienvenue à bord du train des énigmes.
Attention au départ.
On découvre Thorpe Hazell dans une toute première aventure qui se nomme " Les cigares de Peter Crane ".
D'ailleurs, est-on sûr qu'il s'agisse là de la première aventure ? C'est en tous cas l'aventure liminaire du recueil de 1912.
Pourtant, d'après certaines sources, Thorpe Hazell serait apparu pour la première fois dans “ The Affair of the Corridor Express ” dans le magazine " Pearson's Weekly " dès avril 1899.
Mais passons.
Pour l'occasion de cette première aventure [celle du recueil], quelques lignes nous présentent le personnage :
« Un homme menu, à l’apparence délicate, au visage pâle et aux traits fins, aux cheveux roux clair et aux yeux bleus rêveurs.
Telle est la brève description de Thorpe Hazell, bibliophile et passionné de chemins de fer, un gentleman disposant d’une fortune personnelle, dont la connaissance des éditions de livres et des reliures n’avait d’égale que sa maîtrise des détails ferroviaires. »
Puis suit l'affaire des cigares ?
Souvent, à l'époque, les auteurs anglais et américains écrivant des récits courts pour des magazines proposaient des textes d'environ 5 000 mots [Lady Molly, Hagar Stanley, La Machine à Penser, Philo Gubb, La Sorcière du Strand... j'en passe et des meilleurs].
V. L. Whitechurch ne dérogea pas à la règle avec son personnage de Thorpe Hazell.
En effet, il nous convie à de courts récits pour nous conter des enquêtes concises.
De ce fait, les textes se concentrent exclusivement sur l'affaire et rien que sur l'affaire. Sa présentation, sa résolution, sa conclusion.
Si la première affaire du recueil, " Les cigares de Peter Crane ", ne propose pas une intrigue très poussée et n'a de rapport avec le monde des voies ferrées qu'indirectement, on peut constater que, par la suite, les intrigues se complexifient et deviennent plus techniques au point de nécessiter, parfois, des schémas explicatifs.
Le personnage de Thorpe Hazell est à la fois original et symptomatique d'une époque.
Original car spécialisé dans le monde ferroviaire.
Original, car végétarien et prônant une hygiène de vie la plus saine possible en faisant attention à ce qu'il mange, faisant régulièrement des exercices de digestion et autres.
Symptomatique, car... cette hygiène de vie, aujourd'hui, entrerait en totale contradiction avec la propension du personnage à fumer parfois cigarette sur cigarette...
Mais, à l'époque, fumer ne nuisait pas à la santé... du moins ne le disait-on pas et donc fumer était un acte ordinaire.
Bref.
L'avantage de récits de 5 000 mots, c'est que l'auteur ne s'attarde pas en route, qu'il ne s'épanche pas sur des détails oiseux, n'est pas tenté par les circonvolutions littéraires. Il livre ce qu'il doit livrer et juste ce qu'il doit livrer.
La lecture est donc rapide, mais précise. Le lecteur a accès à tout ce qu'il faut et rien de plus et cela, parfois, est appréciable.
Mais, ce qui reste l'atout principal des aventures de Thorpe Hazell, c'est que l'auteur a su créer de nombreuses intrigues autour du monde ferroviaire et qu'il a ainsi utilisé toutes ses connaissances que sa passion pour les trains lui a apportées.
Donc, si on veut découvrir un personnage original, il faut lire ou relire les aventures de Thorpe Hazell.
Si on veut découvrir des intrigues techniques autour du monde ferroviaire, il faut lire ou relire les aventures de Thorpe Hazell.
Si on veut tout simplement lire de courts textes policiers agréables et bien écrits, il faut lire ou relire les aventures de Thorpe Hazell.
Au final, Thorpe Hazell s'avère être un personnage original qui navigue dans des intrigues originales au milieu d'un monde rarement abordé... du moins dans une telle technicité.
Joël Houssin est un auteur que je ne connaissais pas malgré une longue carrière d'écrivain...
Enfin, je ne le connaissais pas vraiment à travers ses romans, mais un peu plus à travers son travail de scénariste pour le cinéma et à la télévision.
En tous cas, je le connaissais sans le connaître parce qu'il fut le scénariste et surtout l'auteur du roman dont l'adaptation au cinéma " Dobermann " de Jan Kounen, est l'un de mes films français préférés de l'époque (1997).
En effet, " Dobermann " est une adaptation d'une série de romans policiers (pas loin d'une vingtaine) débutée en 1981.
« Dix de der » est, je crois, le 15e épisode de la saga.
Dix de der :
Département des enquêtes réservées.
Dernier étage du quai des Orfèvres.
Refuge des policiers trop encombrants, trop violents.
Objectif ? Nettoyer le pays des gangsters dont la présence n'est officieusement plus souhaitée dans les prisons françaises ?
Un sale job pour de sales flics.
Le Belge voit ses activités mises à mal par un dangereux chauve qui tue, brûle et fait exploser ses bars et hôtels.
Mais qui est ce mystérieux chauve ? Quel est son but ?
Bon, comment pouvoir juger un épisode du " Dobermann " dans lequel le " Dobermann " n'est même pas un personnage secondaire, juste un personnage dont on parle un peu et que l'on voit passer au loin ?
Pour mon premier " Dobermann ", pas de bol de tomber sur un épisode dans lequel il est si peu présent.
Pour autant, cet épisode me permet de juger de la plume de Joël Houssin, une plume très argotique (trop ?), sans autre fioriture que cette gouaille populaire voire des bas-fonds, une plume violente, une plume sans concession.
Les personnages sont hauts en couleur, l'action est très présente. On n'a pas le temps de s'ennuyer durant cette aventure.
Au final, une aventure du Dobermann sans le Dobermann, mais qui reste tout de même une aventure violente et plaisante.
Dans le monde du polar, on découvre de plus en plus d'anciens policiers.
Si, bien souvent, leur expérience professionnelle leur permet d'insuffler un certain réalisme à leur récit, leurs plumes ne sont pas toujours suffisamment agréables pour emporter le lecteur avec eux.
Et d'autres fois, on tombe sur de bonnes surprises.
En attaquant " Murthy ", je ne savais pas que Jean-Marc Souvira, l'auteur, était un ancien policier (je l'ai découvert dans les remerciements).
Aussi, j'ai débuté ma lecture sans aucun a priori, ni positif, ni négatif.
Pour information, Jean-Marc Souvira est né à Oran en 1954 et il a exercé à la P.J., et à la Financière...
Il a écrit une demi-douzaine de romans depuis 2009 et a également participé à l'écriture des scénarios du film " Go Fast " et de la quatrième saison de la série " Braquo ".
Son dernier roman, " Murthy " est sorti en 2025.
Murthy:
Murthy, un gamin ordinaire face à l'empire des narcos !
Rachid Mansouri est à la tête d'un puissant cartel de narcotrafiquants. Les mandats d'arrêt émis contre lui ne le préoccupent pas, seul importe que les rouages de son business soient parfaitement huilés. Et c'est le cas. Ou plutôt, ça l'était... Car depuis six mois, ses collecteurs d'argent se font régulièrement braquer. Quelqu'un lui vole son fric et, parce qu'il enrage de cette situation, sa violence n'a désormais plus aucune limite !
Pourtant, ce qu'il ignore encore, c'est que son empire tout entier va bientôt tomber. Sans compter qu'il s'apprête à se faire berner par un jeune homme d'origine indienne. Un brillant étudiant en histoire qui se heurte de plein fouet au monde des bandits, des flics corrompus et à la violence de la prison. Un gamin prénommé Murthy Banerjee.
Un jeune homme d'origine indienne faisant des études d'histoires se laisse tenter pour convoyer de l'argent sur son TMax afin de pouvoir financer son prochain mariage avec Malini.
Si les choses se passent bien et s'il est apprécié par les narcotrafiquants qui le rémunèrent, il ne va pas tarder à tomber aux mains de la police et découvrir à la fois le monde des ripoux et celui, cruel, de la prison.
Pris en tenailles entre les flics qui veulent lui soutirer des informations, les narcos qui comptent sur son silence, et les gangs adverses qui désirent lui faire cracher le morceau à tout prix, Murthy va chercher du soutien et de l'aide là où il peut, sachant qu'il a toujours tendance à succomber à la loi de Murphy.
Déjà, je trouve que la quatrième en dit beaucoup trop sur l'histoire... mais passons.
Jean-Marc Souvira profite de ce roman pour évoquer divers sujets. Certains qu'il connaît bien comme l'argent du narcotrafic, d'autres qu'il connaît de manière plus éloignée comme l'univers carcéral et d'autres enfin, sur lesquels il a dû se renseigner comme le petit monde de Little Jaffna (n'hésitez pas à regarder le film qui porte ce nom) le quartier tamoul de Paris.
On fait donc connaissance avec Murthy, un jeune homme bien qui sombre par appât du gain et par naïveté dans les arcanes du narcotrafic et qui va voir sa vie basculer...
Si Murphy est le personnage principal, on suit en parallèle l'histoire d'un des deux flics ripoux.
Dans les deux cas, les tensions sont grandes puisque que l'un va se retrouve aux prises avec l'univers carcéral et l'autre avec les narcotrafiquants qui cherchent à le punir de les avoir volés.
Je ne suis pas fan des narrations alternées et j'aime quand un roman va droit au but.
Aussi, aurais-je pu être lassé par ce roman qui prend son temps et qui passe d'un personnage à l'autre, nous proposant, au final, deux histoires imbriquées l'une dans l'autre.
Certes, le passage carcéral de Murthy est intéressant et probablement réaliste (l'auteur s'est renseigné sur le sujet), et, bien sûr, il sert à faire évoluer le personnage principal, dans l'intrigue, mais aussi dans son caractère.
Pour autant, là encore, l'auteur prend son temps et il est difficile de savoir s'il s'agit d'un choix littéraire, une volonté de l'auteur de faire évoluer lentement son héros ou bien une contrainte commerciale voulant que les pavés policiers se vendent mieux que les petits romans.
Pour autant, je ne me suis pas ennuyé un seul instant durant ma lecture, ce qui est la preuve d'une certaine qualité de plume et d'une maîtrise de la narration et de l'intrigue.
Cependant, les meilleurs passages, selon moi, concernent la relation entre le ripou et le SDF qui squatte devant chez lui, deux personnages secondaires du roman, mais une relation qui aurait peut-être mérité d'être encore plus exploitée.
On pourra également s'agacer de certaines réactions (ou manque de réaction) du héros, mais... qu'aurions-nous fait à sa place ?
Au final, un roman parfois captivant, parfois un peu lent, mais un roman qui jamais ne lasse et, c'est déjà bien.
Quand, comme moi, on aime la littérature populaire policière française de la première moitié du siècle dernier, on ne peut regretter qu'une chose, la quasi-absence de plume féminine qui la compose.
En effet, si la littérature anglophone de l'époque ne manque pas de femmes de lettres ayant œuvré dans le genre, chez nous, la gent féminine semble s'être tenue à l'écart de cette paralittérature.
On notera bien Renée Dunan, qui s'est essayée plusieurs fois au genre policier, mais à part elle, les exemples ne sont pas légion.
Miriam Dou-Desportes (traductrice de certains romans d'Agatha Christie), par exemple, n'a tenté sa " chance " qu'une seule fois, semblerait-il, avec " La chance de l'inspecteur Masson " et un manque évident de qualité de plume.
Bref.
Aussi, quand je découvre une femme de l'époque ayant trempé sa plume dans le polar et de façon qualitative, j'hésite rarement à me plonger dans un de ses récits.
C'est le cas de Michèle Nicolaï, de son vrai nom Sabine Bluette Brazier (1905-1950). Elle avait pour pseudonymes Nicole Moran ou Jean-Marie Laroche...
Ayant déjà lu 4 fascicules policiers de l'auteur et ceux-ci s'étant avérés plus que corrects, quand je suis tombé sur le roman du jour, il était évident que je me devais de le lire... ce que je fis.
« La mort fait le trottoir » fut publié en 1948.
La mort fait le trottoir :
La Mort fait le trottoir : Montmartre, ses lumières, ses bars et ses spectacles. Rudy et Liliane, les May Sisters, ont monté un numéro qui marche très fort. Mais voici que tout se complique. La brouille s’installe entre les deux femmes et Rudy quitte son soupirant. Elle rencontre un homme charmant au regard doux… mais la série continue. La mort, sadique, frappe une première fois et cela ne s’arrête pas là ! Tout Montmartre se met à craindre cette Mort qui fait le trottoir. L’inspecteur Neyrac, de la P.J., patauge et voit ses suspects innocentés les uns après les autres. Marion Hérelle, son amie journaliste vient à la rescousse. Ensemble, arriveront-ils à démarquer le coupable ? Une intrigue palpitante à lire sans s’arrêter et un excellent roman policier.
Rudy a quitté le domicile familial pour tenter sa chance en tant que danseuse à Montmartre. Elle rencontre alors Liliane qui cherche une partenaire pour un numéro de danse sensuel dans lequel elles interpréteraient des sœurs. Mais quand le mari de Liliane, vexé que Rudy ait refusé ses avances accuse cette dernière de l'avoir éhontément dragué, Liliane, furieuse, est à deux doigts d'écharper Rudy.
Triste et ayant besoin de réconfort, en rentrant à son hôtel, Rudy rencontre un jeune homme qui la raccompagne et qu'elle accepte de recevoir dans sa chambre.
Le lendemain matin, Rudy est retrouvée éventrée dans son lit.
L'inspecteur Neyrac va être chargé de l'affaire, une affaire qui va très vite se compliquer.
Après avoir découvert la plume de Michèle Nicolaï à travers plusieurs de ses pseudonymes, mais toujours dans des récits courts, voici que je peux enfin voir le potentiel de l'auteur sur un récit plus long (un petit roman).
Intéressant donc, sachant que je trouvais que Michèle Nicolaï semblait un peu trop bridée par la concision inhérente au format fasciculaire, celle-ci ayant un peu de mal à gérer à la fois le format et le genre.
Ici, plus de problèmes de concision et cela permet à Michèle Nicolaï de prendre son temps dans une première partie qui présente des jeunes femmes (Rudy et Liliane) qui s'apprécient avant de se détester à cause de la fourberie d'un homme.
C'est même une galerie de femmes que nous propose l'auteur, car, en plus du duo, on croisera plusieurs autres personnages féminins.
Les hommes sont également présents, mais n'ont jamais le grand rôle, bien au contraire.
Si Neyrac a un rôle positif, ce ne sera pas vraiment le héros de l'histoire.
Quant aux autres mâles de l'histoire, soit ils sont mesquins, soit ils sont quelque peu affligeants, soit ils obtiennent le rôle du suspect.
Mais Michèle Nicolaï ne fait pas dans le manichéen malgré tout et les femmes ne sont pas en reste en matière de travers.
Si la plume demeure classique et ne cherche jamais à s'élever, le récit, lui, est de fait, mieux maîtrisé (l'auteur a, semble-t-il, besoin d'espace pour s'épanouir).
En se concentrant avec affection sur une certaine basse population, notamment celle féminine, Michèle Nicolaï nous livre à la fois une comédie de mœurs, un récit sentimentalo dramatique et un récit policier, le tout se déroulant sur un court laps de temps et sur une unité de lieu très restreinte.
Au final, si Michèle Nicolaï livrait des récits fasciculaires de bonne facture, elle semblait encore plus à l'aise dans le roman, comme le démontre le titre du jour.
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Si notre littérature populaire fut foisonnante, elle ne cessa, pour combler l'avidité des lecteurs, de plonger dans ses consœurs anglo-saxonnes, allemandes, hollandaises... pour y chercher des personnages et faire traduire certaines de leurs aventures pour les proposer au public.
Bien évidemment, Sherlock Holmes est le plus célèbre de ses héros importés, mais très bientôt suivirent des Nick Carter, Nat Pinkerton, Buffalo Bill, Harry Dickson... jusqu'à des Ethel King et, le héros du jour : John C. Raffles, aliasLord Lister, aliasle Mystérieux Inconnu.
J'ai très peu à dire sur cette série.
Elle semble avoir été créée par deux auteurs allemands, Kurt Matull et Theo Blankesee en 1908.
Elle fut publiée par l'éditeur Eichler (celui qui publia les aventures de Nick Carter en Europe) puis par les éditions Sobelli, qui rachetèrent le catalogue d'Eichler.
En France, au moins 90 titres sont parus (probablement au début des années 1920) sur les 110 de la série allemande, mais bien plus sont parus en Belgique, au Danemark ou en Hollande (où de nouvelles aventures furent écrites pour alimenter la série).
Bref, Lord Lister, du moins par son véritable nom et sa profession, est indéniablement inspiré par Arthur J. Raffles, le personnage de cambrioleur créé par Ernest William Hornung (beau-frère de Conan Doyle), celui-là même qui inspira Arsène Lupin à Maurice Leblanc.
Le titre du jour « L'automate à la trompette » est le n° 71 de la série rééditée par Sobelli.
L'automate à la trompette :
John C. Raffles, gentleman cambrioleur et lord désargenté, conçoit un plan d'une audace folle pour renflouer ses finances. Son coup de maître : infiltrer la prochaine Exposition Internationale d'instruments de Musique automatiques.
Sous le déguisement de l'inventeur John Selfar, Raffles présente l'« automate à la trompette », une prétendue merveille capable de s'accorder au « courant magnétique » des personnes.
Mais l'exposition est dirigée par son plus grand adversaire, l'Inspecteur James Baxter, chef de Scotland Yard. Raffles et son secrétaire Charly réussiront-ils à berner la police londonienne tout en exécutant leur complexe supercherie ?
Entre génie mécanique et danger permanent, l'aventure ne fait que commencer.
Lord Lister s'ennuie chez lui. En plus, les finances sont au plus bas. Du coup, il décide d'allier l'utile à l'agréable afin de s'amuser et renflouer les caisses en montant une arnaque et humilier une nouvelle fois son ennemi juré l'inspecteur Baxter. Son projet, faire croire à l'invention d'un automate joueur de trompette pour participer à une exposition...
Autant le dire tout de suite, si ce genre de série ne navigue pas dans les hautes sphères de la littérature, les aventures de Lord Lister (du moins cet épisode-ci), sont encore en dessous, qualitativement, de cette paralittérature.
En effet, il faut avouer tout de suite que l'intrigue même de cet épisode souffre du siècle qui est passé depuis son écriture.
Le sujet même de l'automate qui pouvait sembler révolutionnaire pour l'époque et donc a minima crédible, devient désormais risible...
Risible, c'est bien le mot, car tout prête à rire dans cet épisode.
Depuis l'intrigue, à l'écriture en passant par les dialogues... notamment ceux entre Baxter et son adjoint qui se fout ouvertement de sa...
Et c'est principalement cette relation qui est mise en avant dans l'épisode, rendant l'ensemble encore plus simplet, peut-être drôle (même s'il m'en faut un peu plus), mais certainement pas réellement plaisant.
Car l'humour dans ce genre de récit peut être indéniablement un plus (je pense, par exemple, aux aventures de Jack Desly) à condition que celui-ci (l'humour) soit dosé et non omniprésent. À condition, également, qu'il ne soit pas toujours empreint de sarcasmes et de railleries...
Bon, bref.
Avec une intrigue qui est devenue ridicule aux yeux des lecteurs d'aujourd'hui, une plume plate, un humour railleur et trop présent au détriment de l'histoire, des personnages manichéens et peu développés... « L'automate à la trompette » ne fera pas partie des pépites de la littérature populaire que l'on peut découvrir en nombre en plongeant dans les méandres de la paralittérature de l'époque.
Au final, un épisode (une série ?) qui mise plus sur l'humour et la moquerie que sur son intrigue, son style ou ses personnages.
On a beau dire, on a beau faire, parfois certains auteurs semblent être faits pour vous et puis...
J'aime la littérature populaire policière. J'adore les romans courts et je me délecte des romans écrits d'une plume originale trempée dans le cynisme, l'humour noir et l'argot...
Aussi devrais-je en toute logique aimer les romans de Pierre Siniac...
En toute logique.
Mais, après 4 échecs retentissants, j'avais fait mon deuil de l'auteur, pensant que, malgré les apparences, il n'était finalement pas fait pour moi.
Et voilà que je tombe par hasard sur " Aime le Maudit ", sorti en 1981, un petit roman dont le titre me plaît beaucoup (il fait forcément référence au film de Fritz Lang de 1931, " M le Maudit ").
Alors, je me dis : " Et pourquoi pas ? Si c'était le bon ? ".
Du coup, me revoilà plongé dans un roman de Pierre Siniac.
Aime le Maudit :
Octobre 1940. Troppmann, Jack l'Éventreur, Madame Lafarge... tous sagement réunis comme chaque semaine au Vampir's Club, chez la petite fille de Dracula. On fête aujourd'hui l'arrivée d'Adolf Hitler au fauteuil n° 7, en remplacement de Gilles de Rais disparu. Troppmann, du même coup, passe au fauteuil n° 1... Et Troppmann, petit employé consciencieux plus connu sous le nom de Bitchviller, commence à trembler. Il pense à sa femme, à ses enfants... Depuis 32 ans qu'il est au Club, il n'imaginait pas que le jour viendrait où, pour de vrai, il faudrait tuer... Que faire ? Ils l'ont juré. Ils seront tous des assassins... " Salut, ô guillotine, expiation sublime... "
Un club regroupant 7 hommes ayant pour surnom le nom de tueurs en série.
Chacun a une place dans la hiérarchie, un fauteuil numéroté accordé.
Celui qui est dans le fauteuil n° 1 sait qu'à un moment donné il devra tuer quelqu'un et être condamné à mort pour son crime.
Les autres se déplaceront d'un fauteuil et un nouveau membre sera recruté...
Voilà le concept du roman et du club, concept déconcertant d'autant qu'on a du mal à savoir où Pierre Siniac veut en venir.
Certes, le roman est court.
Certes, Pierre Siniac n'est pas un manche de la plume.
Certes, l'humour (noir, mais pas que) est très présent.
Certes, on est intrigué par les raisons qui poussent les membres à adhérer au club et à attendre leur condamnation à plus ou moins long terme.
Mais...
Il me manque toujours quelque chose avec Pierre Siniac.
Car, alors que ce roman est plébiscité par les fans de Pierre Siniac, et même si je ne me suis pas trop ennuyé, je n'ai jamais réussi à me passionner pour cette histoire, pour ces personnages, pour cette plume.
Encore une fois, je suis passé à côté d'un roman de Pierre Siniac même si cette lecture a été moins pénible que les précédentes.
Du coup, la question se pose, suis-je fait pour lire des romans de Pierre Siniac.
Apparemment non et après 5 tentatives, il va falloir me rendre à l'évidence et ne plus tenter ma chance.
Au final, un roman étrange, au concept intéressant et qui repose, pour moi, uniquement sur sa révélation finale, mais qui arrive après une lecture pas trop désagréable, mais jamais passionnante.
Vous connaissez (ou plus sûrement pas) ma passion pour la littérature populaire policière et plus encore pour les personnages récurrents qui la peuplent.
Ce goût (cette addiction) m'a été transmis par mes premières lectures de jeunesse qui se concentraient principalement sur le Canon Holmésien.
De Sherlock Holmes, je fus addict et c'est toujours un peu le cas, mais ma passion immodérée s'est depuis déplacée sur d'autres héros de la littérature populaire policière... de la même époque ou un brin plus récents...
Si cette attirance s'est, depuis, longtemps concentrée sur des personnages nés de la plume d'auteurs francophones, en réalisant, par exemple, l'importance qu'un Nick Carter (le détective américain) eut pour la littérature populaire de notre pays (il a inspiré l'une des toutes premières séries fasciculaires policières, a incité les éditions Ferenczi à se concentrer sur le fascicule policier... entre autres), je me suis laisser aller à découvrir d'autres détectives et policiers anglais ou américains comme La Machine à Penser de Jacques Futrelle, Dorcas Dene, de George R. Sims, Lady Molly de Emmuscza Orsky...
Mais il est un personnage que je n'avais encore jamais croisé, car ses aventures n'avaient pas encore été traduites en français : Sexton Blake...
Sexton Blake est à la fois l'inspirant et l'inspiré...
Inspiré par Sherlock Holmes (il vit au 221 B Baker Street) et inspirant probablement Harry Dickson...
Mais, surtout, Sexton Blake est un personnage qui a existé littérairement parlant pendant plus de 80 ans (de 1893 à 1978) et a vécu plus de 4000 histoires, en faisant un personnage plus prolifique que n'importe quel autre...
Et pourtant, plus de 130 ans après sa création, le public francophone n'avait toujours pas accès à la moindre de ses aventures.
Ce n'est plus le cas désormais avec la sortie de « L'Œil de l'Idole », une aventure de Sexton Blake initialement parue en 1921...
Première d'une longue série de traduction ? L'avenir nous le dira. Mais espérons-le.
L'Œil de l'Idole :
Le magnifique rubis connu sous le nom de « L'Œil de l'Idole » a été dérobé il y a des décennies d'un temple sacré en Inde, et il est porteur d'une terrible malédiction.
Aujourd'hui, alors qu'une luxueuse fête de fiançailles se déroule dans la haute société du Surrey, l'ombre d'un secret oriental menace le bonheur de la charmante Lillah Hartley. Un homme mystérieux, au passé lié aux jungles lointaines, est retrouvé assassiné, et toutes les preuves semblent accabler Lady Hartley, la mère de la fiancée, dont le silence est inexplicable.
Pour démasquer le véritable coupable dans cette affaire de chantage, de trahison et de préjugés, et pour empêcher qu'une femme innocente ne paie le prix d'un crime atroce, il faudra l'intervention du détective privé le plus célèbre de Londres.
Sexton BLAKE et son jeune assistant Tinker sont lancés dans une course contre la montre. De Baker Street aux temples reculés de Bombay, ils doivent déchiffrer la vérité pour vaincre la vengeance de l’Orient et sauver un cœur brisé.
Sexton Blake, le célèbre détective londonien, est invité aux fiançailles de Lillah Hartley avec Jim Currier, un ami qu'il a déjà aidé précédemment.
Lors de la soirée, Lillah reçoit de sa mère un magnifique rubis et, le lendemain matin, Lady Hartley est retrouvée évanouie dans la bibliothèque à côté d'un homme mort, un coutelas dans la gorge (coutelas appartenant à la dame).
Alors que tout le monde la pense innocente, celle-ci demeure dans un mutisme étrange, semblant cacher des informations.
Jim Currier demande alors à Sexton Blake de mener son enquête pour innocenter Lady Hartley et sauver son mariage.
Sexton Blake, accompagné de son fidèle assistant Tinker, va alors se lancer dans une aventure qui va le mener jusqu'en Inde et dans laquelle les deux hommes vont risquer leurs vies.
Alors, que penser de cette aventure de Sexton Blake ?
Ce roman (car il s'agit d'un roman de 60 000 mots, ce qui n'est pas rien pour de la littérature populaire) débute par un prologue qui nous plonge 20 ans en arrière pour nous expliquer qui est Lady Hartley et la rencontre avec celui qui sera son futur mari.
Puis nous revenons dans le présent (de l'époque) et l'on découvre alors Sexton Blake avant qu'il ne reçoive l'invitation à la fameuse soirée de fiançailles...
La première chose qui marque, à la découverte de Sexton Blake, c'est le parallèle qui est fait avec Sherlock Holmes.
Sexton Blake habite au 221B Baker Street, en compagnie de son assistant Tinker. Sa logeuse, madame Bardell, est également la gouvernante (comme madame Hudson pour Sherlock Holmes).
Sexton Blake est un célèbre détective... comme...
Et là s'arrêtent à peu près les similitudes.
Car là où Sherlock Holmes est cérébral, Sexton Blake est plus dans l'action.
Quand Sherlock Holmes est agaçant, irritant, désagréable, Sexton Blake est plutôt souriant, avenant, sympathique.
Mais cessons là les comparaisons.
Après un prologue nous plongeant en Indes, on se retrouve donc en Angleterre.
Sexton Blake doit enquêter sur un meurtre dont la principale suspecte est à ses yeux innocente, mais qui cache des informations, tant sur l'identité de la victime que sur la raison de la présence de celle-ci chez elle.
Sexton Blake va devoir répondre alors à plusieurs questions. Pourquoi Lady Hartley demeure muette ? Qui est la victime ? Que faisait-il chez Lady Hartley ? Qui l'a tué ? Pourquoi ?
Et pour répondre à ces questions, Sexton Blake et Tinker vont devoir se replonger dans le passé de Lady Hartley...
L'avantage d'un texte de 60 000 mots, c'est que l'auteur (quel qu'il soit, car si l'on sait que plus de 200 auteurs ont participé à l'écriture des plus de 4 000 titres de la série, les textes ne sont pas signés) a le temps de poser les cadres, les personnages.
Ainsi, ce prologue prend son temps pour nous raconter la genèse du personnage de Lady Hartley.
Puis par la suite, le récit prend le temps de poser les différents jalons d'une grande aventure.
Enquête en Angleterre avec ses indices, ses poursuites, ses combats...
Puis voyage en Indes, avec ses indices, ses poursuites, ses combats...
Puis la résolution, puis le rebondissement, puis la fin...
Bref, il s'agit-là d'un véritable roman d'aventures policières, d'un roman d'une taille conséquente pour le genre (en comparaison, certains romans mettant en scène les enquêtes du commissaire Maigret font à peine plus de la moitié de ce roman-ci).
Un roman populaire qui ne travaille pas dans la concision et qui prend le temps de poser les bases, les lieux (avec de nombreuses descriptions), les personnages, sans oublier les passages obligés des romans d'aventures de l'époque avec de l'action, des poursuites, des déguisements, des combats, des éléments exotiques...
Un roman surprenant, donc, surtout que je m'attendais plus à de la littérature proche de celle fasciculaire à laquelle je suis habitué.
Un roman plaisant à lire, dépaysant, mettant en scène des personnages sympathiques.
Car si le héros est indéniablement Sexton Blake, son jeune assistant Tinker n'est pas un faire-valoir, mais un partenaire à part entière.
Non seulement il participe grandement à l'action (et il en paie les pots cassés), mais il est aussi à l'origine des touches d'humour grâce à sa gouaille et, surtout, sa relation avec madame Bardell, une relation qui est à la fois très affective, mais également tendue...
Et puis il y a Pedro, le Saint-Hubert, le limier, le chien au flair infaillible.
Certes, dans cette histoire-ci il est peu présent, mais on sent toute l'importance que ce personnage peut avoir dans la série.
Bonne surprise, donc, qui rend d'autant plus inexplicable le fait qu'il ait fallu attendre plus de 130 ans pour que les lecteurs francophones puissent enfin découvrir le personnage de Sexton Blake.
Au final, un bon roman d'aventures policières, d'autant meilleur qu'on ne s'attend par forcément à un texte de cette densité.
P.S. On sait que certains auteurs de la littérature populaire francophone ont pioché dans les aventures de Sexton Blake (plagiat, réécriture, emprunt ???) pour proposer des textes aux éditeurs et « L'Œil de l'Idole » confirme cette information, car je suis certain d'avoir déjà lu cette histoire (probablement dans un texte condensé) quelque part dans mes nombreuses lectures, mais je ne suis pas parvenu à me souvenir du titre en question.
Depuis des années, je me concentre sur des textes écrits par des auteurs francophones pour éviter les problèmes de traductions.
Enfin, j'adore me plonger dans la littérature d'autrefois (autrefois allant de la fin des années 1800 jusqu'aux années 1970).
Mais, depuis quelque temps, j'hésite moins à me plonger dans des textes traduits.
Voilà longtemps que je voulais découvrir la plume de l'auteur Edgar Wallace.
J'ai enfin franchi le pas avec la lecture de « La chambre n° 13 ».
Edgar Wallace (1875-1932) n'est pas le premier nom qui vient en tête quand on parle de littérature policière d'antan.
Pourtant, l'homme fut très prolifique... à tel point que certains avançaient qu'il n'avait pas écrit trois quarts des textes qu'il avait signés.
Bref, journaliste, correspondant de guerre, son œuvre est conséquente et principalement composée de romans policiers.
« La chambre n° 13/Room 13 » est un roman publié en 1924 et le premier d'une série de romans mettant en scène le détective J. G. Reeder.
Il a été plusieurs fois adapté au cinéma (comme beaucoup de romans de l'auteur).
La chambre n° 13 :
S’il vous venait à l’esprit l’idée saugrenue de vouloir effectuer un séjour, même très bref, dans la chambre n° 13 qui tient une si grande place dans ce roman, vous auriez tout intérêt à vous hâter ! Car l’auteur mène son récit tambour battant, et vous aurez du mal à en suivre le rythme : ne commencez pas votre lecture à 23 heures, car vous abrégeriez votre nuit de sommeil sans jamais avoir l’occasion de souffler dans la chambre n° 13 !
Vous verrez s’agiter autour de vous un tourbillon de personnages, des méchants et des gentils, les premiers dotés d’une âme plus noire que de la poix ; les seconds sans cesse victimes des sombres manigances des premiers, jusqu’à ce que… Mais ne vous attardez pas : vous saurez tout après le point de la dernière phrase de la dernière page !
À sa sortie de prison, Johnny Gray découvre que la femme qu'il aime va épouser un autre homme dans lequel il reconnaît le fils de son ennemi juré...
Bon, autant le dire tout de suite, la première chose qui frappe en débutant ce roman, c'est la pauvreté du style. Un style plat, certes souvent inhérent à la littérature populaire, à une écriture trop rapide, à une édition tout autant rapide... ou à une traduction simpliste...
Bref, il faudrait lire le texte original pour savoir si le problème vient de la traduction, mais j'ai bien du mal à le croire.
Donc, le style est un peu plat.
Pour ce qui est de l'histoire, celle-ci navigue entre facilités, rebondissements peu crédibles, intrigue mêlant crime et romance... bref, les éléments souvent présents dans la littérature populaire policière pour les raisons que j'ai déjà évoqué.
Il s'agit ici du premier roman mettant en scène Reeder. Pourtant, Reeder apparaît très tardivement et, même si c'est un personnage central, il est très peu présent.
Bon, je ne vais pas m'étendre plus longtemps sur ce court roman que j'ai pourtant lu jusqu'au bout (ce que je ne fais pas toujours), ce qui démontre qu'il n'est pas si indigent que cela.
Au final, une déception... déception de style, surtout, mais également d'intrigue.
Pour ceux qui ne me connaissent pas (ils sont beaucoup trop nombreux), je dois préciser que je ne lis que du roman policier et que je privilégie les romans mettant en scène des personnages récurrents, des auteurs francophones et que je ne boude jamais des textes du début du siècle dernier (bien au contraire).
Enfin, ma plus grande passion est de découvrir des auteurs, des plumes, des personnages. Aussi, même quand je découvre un triptyque (auteur, plume, personnage) qui m'enthousiasme, j'évite de trop m'étendre dessus (deux ou trois épisodes, au plus) avant de partir à la recherche d'une nouvelle pépite.
Mais, cette quête est souvent jalonnée de déception.
Ce fut le cas de ma précédente lecture, un roman auquel je reprochais, entre autres, une plume un peu fade, un héros cliché de vieux bourru accompagné d'une partenaire forcément jeune, sexy et attirante, des dialogues plats...
Je refermais assez rapidement le bouquin, car j'en ai tant d'autres à découvrir que je n'ai pas de temps à perdre.
Je jetais alors mon dévolu sur le titre du jour : « Quimper sur le gril » un roman qui alliait, sur le papier, plusieurs de mes critères : un auteur que je ne connaissais pas : Bernard Larhant ; la première aventure d'un personnage récurrent : le capitaine Paul Capitaine ; et, ce qui ne gâche rien, un polar terroir issu de feu les éditions Alain Bargain...
Bernard Larhant, né en 1955, est, entre autres, créateur de jeux de mots (mots croisés, mots fléchés...) qui s'est reconverti après la cinquantaine dans l'écriture de romans.
« Quimper sur le Gril », sorti en 2009, est son deuxième roman, mais son premier roman policier, premier d'une série qui a vu son 24e épisode sortir cette année...
Quimper sur le Gril :
Suite à une sanction disciplinaire, le capitaine Paul Capitaine, membre de la Cellule-Élysée, est expédié à Quimper, sa ville natale. Le retour aux sources n'est pas de tout repos. Il se heurte aussitôt à son supérieur qui lui ordonne de bâcler une enquête sur la mort de squatters dans un incendie... Seulement, Paul Capitaine est breton et, plus on veut lui cacher une vérité, plus il met d'énergie à la révéler ! Ses investigations lui attirent beaucoup d'ennuis et d'inimitiés, mais aussi des soutiens, parfois inattendus. De moments dramatiques en instants cocasses, son expérience et son humour lui permettent de se tirer de mauvais pas, parfois sur le fil du rasoir. Plus l'enquête avance, plus un étau mystérieux se resserre sur lui et ceux qui l'ont aidé...
Le capitaine Paul Capitaine, suite à des problèmes avec sa hiérarchie, est muté temporairement à Quimper, sa ville natale qu'il a quittée 30 ans auparavant.
Sur place, il devra œuvrer sous les ordres d'un sale con et faire équipe avec une jeune stagiaire d'origine polonaise.
Sa première mission est de clore rapidement un incendie involontaire d'un squat dans lequel sont morts trois SDF. Rapidement, Paul Capitaine émet des doutes quant à l'aspect involontaire de l'incendie. Il va devoir mener son enquête en douce pour ne pas froisser son supérieur ainsi que des personnalités de la région...
Bon, le hasard n'étant pas toujours un bienfaiteur, voilà que je retrouve dans ce roman beaucoup d'éléments qui m'avaient poussé à abandonner ma précédente lecture...
Le héros mature et bourru qui va devoir faire équipe avec une jeune partenaire sexy... bon, c'est un cliché de la littérature policière, je pouvais passer dessus si le reste était à la hauteur...
Avec une narration à la première personne, l'auteur pouvait me séduire, car c'est une narration que j'apprécie tout particulièrement et qui permet à la fois de manier l'humour, la poésie, et qui incite à des passages plus intimistes permettant de s'attacher au narrateur...
Encore faut-il que la plume soit à la hauteur...
Et c'est là que le bât blesse avec ce début de roman (je dis " début ", car j'ai abandonné ma lecture au premier tiers du bouquin).
En effet, si la plume narrative n'est pas extraordinaire, elle n'aurait pas été rébarbative à elle seule...
Malheureusement, les dialogues... houla !... sont assez pathétiques (le mot est peut-être, sûrement, trop fort).
Tant dans le fond que dans la forme, ces instants de dialogues sont lourds, indigestes et m'ont fait sortir de mes gonds.
Car non seulement, en tant que tels, ils sonnent faux, mais en plus, les réactions et les propos, dans ces dialogues, des divers protagonistes, sont du grand n'importe quoi.
Entre un stagiaire en extase devant son partenaire, mais qui change d'attitude à la moindre occasion, ledit partenaire qui, lui aussi, varie...
Et personne n'est épargné par ce cataclysme. Je vous passe sur le chef de Paul Capitaine qui est un gros con machiste et xénophobe totalement cliché, de son adjoint lèche-cul qui rit à toutes ses blagues salaces (encore un cliché), des autres membres de l'équipe qui s'écrasent tous pour des raisons différentes (qui offrent un bon panel de clichés là encore)...
De plus, ce qui m'a gêné, c'est que le type, cela fait trente ans qu'il n'a pas mis les pieds à Quimper, qu'il n'a revu aucune de ses connaissances de l'époque, mais tout le monde se reconnaît... De l'amour de jeunesse - à la rigueur - en passant par le SDF avec barbe et tignasse que Paul Capitaine reconnaît de loin alors qu'il avait quitté un jeune homme imberbe... tout cela alors que, moi, je serais totalement infoutu de reconnaître qui que ce soit de ma jeunesse... cela m'a fait un peu l'effet d'être dans un roman de Science Fiction.
Bref, on évitera de parler de l'intrigue (du début d'intrigue, tout du moins) à base d'incendie volontaire d'un immeuble pour pouvoir le racheter dans un but immobilier (encore un cliché) et donc une affaire mêlant à la fois le petit banditisme et les notables (clichés).
Je passerai également sur le fait que le type débarque 30 ans plus tard et, bien sûr, retombe sur son amour de jeunesse qui, bien sûr, est divorcée et avec laquelle, bien sûr, il va recoucher...
Et j'en ai sûrement loupé encore plein dans les autres deux tiers du roman, mais, que voulez-vous, un autre bouquin m'attend qui, je l'espère, sera meilleur que ceux de mes deux précédentes lectures.
Au final, un roman qui ne séduit ni par les personnages, ni par l'intrigue, ni par la plume et encore moins par les dialogues...
S'il est bon de préciser que je ne lis que des textes entrant dans le genre policier, il n'en est pas moins utile d'expliquer que j'aime beaucoup découvrir de " nouveaux " auteurs, le terme " nouveaux " ne désignant que des auteurs que je ne connais pas et non des auteurs récents puisque j'adore plus que tout faire la connaissance avec des auteurs d'autrefois injustement méconnus et oubliés.
Bref. J'ai encore beaucoup de boulot, tant en remontant dans le passé qu'en me contenant du présent.
Et c'est dans le présent que je me plongeais pour ma dernière lecture puisque son but était de partir à la rencontre de " la nouvelle voix du polar ", enfin, une des " nouvelles voix du polar " puisque ce terme est par trop galvaudé et usité uniquement dans un but commercial.
Qui allait donc être la cible de mon intérêt ? Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps : Alexis Laipsker.
Alexis Laipsker n'est pas un perdreau de l'année puisque né en 1969. Cependant, s'il est un touche-à-tout (directeur de magazine, journaliste, animateur TV, joueur de poker...) ce n'est qu'à la cinquantaine qu'il se lance dans l'écriture avec son premier roman, " Et avec votre esprit ".
« Les poupées » est son troisième roman et le premier d'une série autour du personnage du commissaire Venturi...
Il est sorti en 2022.
Les poupées :
" Ils diront que je suis fou. Que je tue pour jouer.
Vous seuls connaîtrez mon secret. Mais êtes-vous prêts ?
Jouez avec moi ! "
Une voyante en crise.
Un flic bourru comme on n'en fait plus.
Une jeune psy à qui on ne la fait pas.
Une série de meurtres à la mise en scène macabre.
Une course contre la montre terrifiante.
Quand on découvre, dans une petite église, plusieurs corps énucléés et tués à des dates différentes, c'est le commissaire Venturi qui va être chargé de l'affaire. Intrigué par la psychologie du criminel, il va demander à ce qu'un psy vienne lui apporter ses lumières...
Bon, je ne vais pas m'étaler longuement sur ce roman dans cette critique puisque je ne l'ai pas fait dans ma lecture.
En effet, autant le dire tout de suite, je ne suis pas allé au bout du roman, loin de là.
Comme je vous disais en préambule, j'adore faire des découvertes. Découvrir de nouveaux auteurs, de nouveaux personnages, de nouveaux systèmes narratifs, de nouvelles plumes...
Aussi, quand la seule nouveauté dans ma découverte réside dans le nom de l'auteur...
Je m'explique.
« Les poupées » étant le seul roman de Laipsker que j'ai lu, je ne sais si ma critique peut s'appliquer à toute son œuvre, mais, dans le cas présent, j'ai eu la désagréable impression de lire un roman policier écrit par un auteur suivant les conseils de ce que j'appelle souvent " Le thriller pour les nuls ".
En clair, du moins dans la partie du roman que j'ai lu, Alexis Laipsker a respecté à la lettre tous les ingrédients que l'on trouve dans les romans policiers à succès (qui sont rarement des romans que j'apprécie).
Un flic bourru : check.
Une partenaire jeune et sexy : check.
Une tendresse se nouant entre les deux personnages après un début un peu conflictuel : check.
Un personnage brisé par la vie : check.
Une narration alternée : check.
Un tueur sadique, égocentrique et manipulateur : check.
Des crimes glauques : check.
Un tueur qui s'adresse au lecteur (ou à d'autres) : check.
Une plume fade et consensuelle : check.
Plusieurs histoires indépendantes entrelacées (et qui, normalement, se rejoignent en cours de roman, mais je ne suis pas arrivé jusque-là) : check.
Et moi, quand un auteur enfile les poncifs et les clichés à ce point... je me lasse.
Et quand je me lasse d'une lecture, je l'interromps, car il y a tant d'auteurs qui méritent que je découvre leurs plumes.
Au final, une pâle copie (du moins dans la partie que j'ai lue) des trop nombreux romans policiers écrits sur un même canevas pour séduire le lecteur lambda sans chercher l'originalité, car, l'originalité divise alors que la platitude fédère...
Série aussitôt débutée, aussitôt terminée avec « L'homme qui a peur » de Louis-Ernest Chevalier, troisième et dernier opus des aventures de « Félix Lorette », le maître-cambrioleur, le truand, comme il se nomme lui-même...
Louis-Ernest Chevalier est un auteur énigmatique dont on ne sait rien et qui a, finalement, très peu écrit. On recense 4 nouvelles (dont au moins 3 mettant en scène Arthur Maillard, d'abord en détective, puis en policier) et 3 fascicules de 64 pages contant les aventures de Félix Lorette en lutte avec l'inspecteur principal de la Sûreté Nationale Arthur Maillard.
Après « Les trois Lorette » et « Une prime de 10.000 francs », voici dont l'ultime épisode : « L'homme qui a peur », un fascicule de 64 pages sorti en octobre 1938 dans la collection « Police » des éditions Ferenczi.
L'homme qui a peur :
Amédée Durand, un paisible fonctionnaire, voit sa vie basculer dans la terreur. Un mystérieux individu se faisant appeler « Le Maître » lui donne des ordres de plus en plus étranges et terrifiants, le plongeant dans une angoisse grandissante.
Persuadé d'être victime d'une vaste conspiration, Durand se sent traqué. Hallucinations ou réalité ? Folie ou manipulation ? Alors qu'il tente de comprendre pourquoi il a été choisi, il se retrouve entraîné dans une spirale infernale qui menace sa famille et sa propre vie.
Amédée Durand mène une vie tranquille jusqu'à ce qu'il remarque que des musiciens le suivent depuis quelques jours. Il ne tarde pas à recevoir des messages et des appels d'un inconnu se faisant appeler le Maître et qui lui indique que, désormais, il est à ses ordres. Terrorisé, Amédée décide de se confier à son " journal " qu'il finit par jeter par la fenêtre. Son épouse, inquiète, récupère le journal et l'apporte à l'inspecteur principal Arthur Maillard, lui demandant d'enquêter sur l'affaire. Prévenu par un policier faisant partie de sa bande, Félix Lorette, le grand truand, attisé par la curiosité, décide de mener sa propre investigation de son côté...
On retrouve donc, d'une part, Félix Lorette, et, de l'autre, Arthur Maillard, une nouvelle fois en concurrence, cette fois-ci chacun de son côté.
Si l'intrigue tient sur une ficelle très usitée à l'époque, mais qui a perdu beaucoup de sa crédibilité depuis, elle n'en est pas moins suffisamment intéressante pour conserver l'attention du lecteur sur presque 19 000 mots.
On y retrouve donc les sujets, le style et l'ambiance des années 1930 et, contrairement au second opus de la série, les petites notes d'humour de l'auteur que l'on avait pu apprécier dans " Les trois Lorette ", notamment dans la toute fin du récit.
Rien de révolutionnaire, donc, ni dans la plume de Chevalier, ni dans l'histoire, mais un honnête récit fasciculaire qui, ajouté aux deux précédents épisodes, font que l'on peut regretter que Louis-Ernest Chevalier n'ait pas eu une production plus importante.
Au final, une série courte, mais très agréable à lire signée d'un des nombreux mystérieux auteurs de la littérature populaire du siècle dernier.
Emmanuel Bove est un auteur que je n'ai jusqu'ici abordé qu'une seule fois, pour son roman " Le meurtre de Suzy Pommier ".
Je pense également que ce sera la dernière fois que je vais parler de lui, non pas que sa plume ne me plaise pas, mais Emmanuel Bove s'est très rarement penché vers le seul genre littéraire qui a grâce à mes yeux : le roman policier.
Emmanuel Bove (1898-1945) était écrivain né de père russe et mère luxembourgeoise. Sa vie et son œuvre, vous pourrez les découvrir sur internet si cela vous intéresse.
« La fiancée du violoniste » est un roman écrit sous pseudonyme (Pierre Dugast) en 1933 et paru sous le titre « La toque de Breitschwanz ».
La fiancée du violoniste :
Un cadavre de femme est retrouvé enterré dans le jardin des Favrin, couple apparemment sans histoires habitant dans une maison à Viroflay, près de Paris. Madame Favrin ayant disparu depuis quelque temps, on arrête le mari, coupable présumé de ce crime. Mais le commissaire Croiserel, en charge de l’enquête, soupçonne vite que l’affaire est bien plus complexe qu’elle n’en a l’air et il investigue, l’air de rien, auprès de tout l’entourage de ce couple étrange.
Mari brutal, amant musicien volage, couple riche dont Madame Favrin est gouvernante, réapparition inopinée de celle-ci, enlèvement d’enfant, Croiserel avance dans ses recherches et ses interrogatoires : mais quel est donc le motif de ce crime odieux ?
Tous les ingrédients sont là pour tenir le lecteur en haleine jusqu’au dénouement final inattendu.
Madame Favrin a disparu avec son jeune enfant... aussi, quand on retrouve le cadavre d'une femme dans le jardin des Favrin, il devient tout évident qu'il s'agit de Madame Favrin et que son assassin n'est autre que son mari... mais qu'est-il advenu du gamin ? Le corps est-il bien celui de Madame Favrin ? Monsieur Favrin est-il réellement un meurtrier ? Le commissaire Croiserel va s'évertuer à répondre à toutes ces questions.
Je retrouve donc Emmanuel Bove pour la deuxième fois (et probablement la dernière) dans le genre policier auquel il s'est rarement confronté.
Si dans « Le meurtre de Suzy Pommier » on avait constaté que, sans y exceller, l'auteur maîtrisait le genre policier, on a ici la confirmation.
En effet, Emmanuel Bove nous livre ici un honnête petit roman policier dans la veine de ce qu'il s'écrivait à l'époque.
À partir d'une intrigue, au départ, pas inintéressante, il propose un récit, un style, des personnages qui tiennent la route, mais qui, comme dans l'autre roman cité, ne parvient pas à s'élever au-dessus de la production ordinaire.
Cependant, il faut bien reconnaître qu'avec « La fiancée du violoniste » il pousse un peu plus les curseurs. Histoire plus intéressante, personnages plus développés, genre encore mieux respecté avec un rebondissement bienvenu même si un peu prévisible.
Au final, un petit roman (33 000 mots) qui se lit agréablement même s'il ne révolutionne pas le genre et n'a pas marqué son époque.
Je poursuis ma découverte des « aventures de Félix Lorette », découverte qui ne durera pas, car je n'ai, jusqu'à présent, découvert que trois titres mettant en scène ce personnage qui apparaît pour la première fois dans « Les trois Lorette », un fascicule paru à la fin 1937 sous la forme d'un fascicule de 64 pages publié dans la collection « Police » des éditions Ferenczi.
Ce cambrioleur inspiré probablement d'Arsène Lupin et consorts est né de la plume de Louis-Ernest Chevalier, un énigmatique écrivain à la production très minimaliste puisque, là encore, je n'ai recensé que 4 courtes nouvelles et les trois fascicules proposant les aventures de Félix Lorette.
C'est dire toute la curiosité du cas du jour puisqu'à la lecture des deux premiers titres, je suis assez étonné que, malgré la qualité de la plume de l'auteur, celui-ci ait si peu écrit.
Décès prématuré ? Pseudonyme tardif ? Ou carrière littéraire mise brutalement et précocement de côté pour une obscure raison ? Impossible de savoir.
« Une prime de 10.000 francs » est donc la deuxième aventure de Félix Lorette, elle est sortie sous la forme d'un fascicule de 68 pages dans la même collection « Police » au début 1938.
UNE PRIME DE 10 000 FRANCS
10 000 francs. C'est la somme offerte par le mystérieux M. de Govarno pour retrouver un bracelet volé. Une récompense alléchante, mais assortie d'une condition étrange : le bijou doit impérativement être restitué avant dimanche.
Une affaire trop curieuse pour ne pas attirer l'attention de Félix Lorette, un « maître-malfaiteur » qui ne résiste jamais au plaisir d'une énigme lucrative. Convaincu que cette histoire cache bien plus qu'un simple vol, il se lance dans la course.
Seulement, il n'est pas seul sur la piste. Une jeune femme de chambre nommée Martha Laffer a disparu avec le joyau. Un détective privé, Fred Tellor, a été engagé pour lui mettre la main dessus. Et chaque protagoniste semble avoir ses propres secrets à protéger.
Félix Lorette voit sa curiosité attisée par une annonce dans un journal d'un baron réclamant à sa femme de chambre qui a récemment quitté son emploi en emportant un bracelet lui appartenant, en lui promettant une récompense de 10.000 francs si elle ramène le bijou avant dimanche.
Pourquoi avant dimanche ? c'est ce qui chiffonne Félix Lorette et, comme il s'ennuie ces derniers temps, il va s'évertuer à connaître la raison de cette condition. Pour ce faire, il se rend chez le baron sous l'identité d'un détective désireux de retrouver le bracelet et de toucher la prime...
On ne le dira jamais assez, la littérature populaire s'est toujours nourrie d'elle-même et ses personnages à succès ont inspiré de nombreuses copies plus ou moins fidèles sous la plume d'écrivains plus ou moins talentueux.
Parmi ceux-ci, Sherlock Holmes, bien évidemment.
Mais, en France, un personnage n'est pas en reste : Arsène Lupin.
Les cambrioleurs intelligents et plus ou moins gentlemen ont ainsi pullulé à la suite des succès des récits de Maurice Leblanc depuis John Stobbins de José Moselli jusqu'à Théodore Rouma de Jean d'Auffargis en passant par... Félix Lorette de Louis-Ernest Chevalier...
C'est une nouvelle fois le cas avec Félix Lorette, un héros à la carrière, semble-t-il, très courte puisque je n'ai trouvé trace de lui que dans 3 récits nés de la plume de l'énigmatique L.-E. Chevalier.
Dans le premier opus, « Les trois Lorette », on ne découvrait réellement qu'une esquisse du personnage puisque celui-ci se cachait derrière trois fausses occurrences de sa personne et n'agissait réellement qu'épistolairement parlant.
Dans « Une prime de 10.000 francs », Lorette est plus présent, bien plus présent et on découvre donc qu'il est installé dans la Haute Société sous une fausse identité (comme bien souvent les gentlemen cambrioleurs) et qu'il est secondé par son fidèle serviteur Néron (comme bien souvent les gentlemen cambrioleurs). On lui découvre également un cœur d'or (comme...), et une volonté de rendre la justice (comme...)
Bref, vous l'aurez bien compris, rien de bien original, mais la littérature populaire fasciculaire n'est pas forcément là pour faire de l'original.
Si, dans le premier opus, Félix Lorette n'était qu'une ombre face à l'inspecteur principal Arthur Maillard, véritable héros du récit, ici, c'est à l'inverse que le lecteur est convié.
Effectivement, Arthur Maillard se contente juste d'être évoqué, mais n'apparaît jamais.
On se retrouve alors dans une histoire assez commune dans ce genre de récit : notre héros s'ennuie, il est attiré par une curieuse annonce dans un journal et pour s'occuper va se lancer dans l'aventure et en profiter pour tenter de sauver de belles inconnues et rendre la justice tout en s'en mettant plein les poches.
On regrettera l'absence des touches d'humour et de mystère que le premier épisode avait su mettre en place. Rien n'est aussi intéressant qu'un gentleman cambrioleur que l'on ne voit pas et dont on ne sait rien, qui agit dans l'ombre et dont on se demande sous quelle identité il se cache.
Dès que l'on sait qu'untel est en fait le gentleman cambrioleur (comme dans les aventures de Jack Desly de Claude Ascain, par exemple), il faut alors trouver une autre solution qui passe souvent, dans le cas de la littérature fasciculaire et ses contraintes de concision, par des touches d'humour (comme celles apportées par le serviteur annamite de Jack Desly).
Dans le premier opus, le mystère et l'humour étaient présents.
Dans celui-ci, le lecteur n'a plus ni l'un ni l'autre.
Reste alors un récit plaisant, mais guère original, ce qui est déjà pas mal, mais un peu décevant après la lecture du premier épisode.
Au final, un épisode agréable à lire, mais qui a perdu le sel du mystère et de l'humour du premier. Dommage.
Parce que l'édition est une véritable loterie dans laquelle il y a beaucoup d'appelés et très peu d'élus, il est grand temps que quelqu'un mette sa plume dans la fourmilière afin de faire connaître aux lecteurs la cruauté du milieu du livre !